Notre-Dame et la France
« La très sainte Vierge n'a fait pour aucun peuple ce qu'elle a fait pour nous, et l'on reste stupéfait. La France est bien son royaume, et elle en est bien la Souveraine. »
Une histoire d'amour
Quinze siècles d'alliance
Du baptême de Clovis aux Vierges pèlerines, Marie n'a jamais cessé de veiller sur la France. Faites défiler les grandes dates.
- 496Reims
Le baptême de Clovis
Saint Remi baptise le roi des Francs. La France naît chrétienne : elle sera appelée « fille aînée de l'Église ».
- 1638Le royaume de France
Le vœu de Louis XIII
Le roi consacre son royaume à la Vierge Marie et demande qu'une procession ait lieu chaque 15 août, fête de l'Assomption.
- 1830Paris, rue du Bac
La Médaille miraculeuse
La Vierge apparaît à sainte Catherine Labouré et lui confie la médaille qui fera le tour du monde.
- 1846La Salette, Isère
La Belle Dame en pleurs
Sur la montagne, Marie apparaît à deux jeunes bergers, Mélanie et Maximin, et appelle son peuple à la conversion.
- 1858Lourdes, Hautes-Pyrénées
« Je suis l'Immaculée Conception »
Dix-huit apparitions à Bernadette Soubirous, dans la grotte de Massabielle. Lourdes devient le cœur battant de la prière mariale.
- 1871Pontmain, Mayenne
« Mais priez, mes enfants »
En pleine guerre, Marie apparaît dans le ciel d'un village. L'ennemi s'arrête, l'armistice est signé quelques jours plus tard.
- 1876Pellevoisin, Indre
« Tu publieras ma gloire »
Quinze apparitions à Estelle Faguette, guérie. Ces mots de la Vierge sont devenus la devise de notre Confrérie.
- 1922Rome
Notre-Dame, patronne de la France
Le pape Pie XI proclame Notre-Dame de l'Assomption patronne principale de la France, et sainte Jeanne d'Arc patronne secondaire.
- 1943Sur les routes de France
Le Grand Retour
Pendant cinq ans, des statues de Notre-Dame de Boulogne parcourent le pays, de paroisse en paroisse, au milieu des foules.
- 1988Baillet-en-France, Val-d'Oise
Notre-Dame de France
Le 15 octobre, pour les 350 ans du vœu de Louis XIII, la statue monumentale de Notre-Dame de France est inaugurée aux portes de Paris.
Notre histoire - 1995Le Puy-en-Velay
Les Vierges pèlerines
Le 8 septembre, les premières Vierges pèlerines partent du Puy. Depuis, Marie visite les foyers de France et du monde.
Prendre Marie chez soi
« France, fille aînée de l'Église, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? »
Saint Jean-Paul II · Le Bourget, 1980Terre de Marie
Les sanctuaires de la Vierge Marie
Certains rayonnent comme des phares et attirent des millions de pèlerins ; d'autres, très humbles, gardent le souvenir de l'instant où Marie a montré là sa puissance. Touchez un point de la carte.
Le point doré « 4 » : Paris et l'Île-de-France, dont Notre-Dame de France à Baillet.
Une nuée de témoins
Les saints et la France
Notre patrie est riche de ses saints. Certains brillent d'un plus grand éclat ; d'autres restent dans une certaine pénombre. Innombrables sont les saints inconnus, mais inscrits dans le cœur de Dieu.
Notre-Dame de l'Assomption
Le 15 août, toute la France fête sa Reine, comme l'avait voulu Louis XIII.
Patronne secondaire · 1922Sainte Jeanne d'Arc
La bergère de Domrémy qui rendit l'espérance au royaume.
Patronne secondaire · 1944Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus
La « petite voie » de Lisieux, docteur de l'Église.
- Iᵉʳ siècle
Sainte Marie-Madeleine
L'« apôtre des apôtres », vénérée à la Sainte-Baume - Premiers siècles
Sainte Philomène
Jeune martyre, la « petite sainte » du Curé d'Ars - v. 420 – 502
Sainte Geneviève
Patronne de Paris - v. 1030 – 1101
Saint Bruno
Fondateur de la Grande Chartreuse - 1090 – 1153
Saint Bernard
Abbé de Clairvaux, le chantre de Marie - 1412 – 1431
Sainte Jeanne d'Arc
Patronne secondaire de la France - 1567 – 1622
Saint François de Sales
Évêque et docteur de l'Église - 1576 – 1622
Bienheureuse Alix Le Clerc
Fondatrice de la Congrégation Notre-Dame - 1581 – 1660
Saint Vincent de Paul
L'apôtre de la charité - 1673 – 1716
Saint Louis-Marie Grignion de Montfort
« À Jésus par Marie » - 1684 – 1759
Bienheureuse Marie-Louise Trichet
Cofondatrice des Filles de la Sagesse - 1769 – 1852
Sainte Philippine Duchesne
Missionnaire en Amérique - 1779 – 1851
Bienheureuse Anne-Marie Javouhey
Fondatrice des Sœurs de Saint-Joseph de Cluny - 1786 – 1859
Le saint Curé d'Ars
Jean-Marie Vianney, patron des prêtres - 1813 – 1853
Bienheureux Frédéric Ozanam
Fondateur des Conférences Saint-Vincent-de-Paul - 1839 – 1904
Bienheureuse Marie de la Passion
Hélène de Chappotin, missionnaire - 1844 – 1879
Sainte Bernadette
La voyante de Lourdes - 1858 – 1916
Saint Charles de Foucauld
Le « frère universel » - 1873 – 1897
Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus
Docteur de l'Église, patronne de la France - 1880 – 1906
Sainte Élisabeth de la Trinité
Carmélite de Dijon - 1953 – 1975
Claire de Castelbajac
« Servante de Dieu », la joie de croire
Au terme de sa vie terrestre, la Vierge Marie a été élevée corps et âme dans la gloire du Ciel. C'est le mystère de l'Assomption, fêté le 15 août, que le pape Pie XII a proclamé dogme de foi le 1er novembre 1950.
La France a choisi cette fête pour se confier à Marie. Le 10 février 1638, le roi Louis XIII consacre son royaume à la Vierge et demande que chaque 15 août, dans toutes les paroisses, une procession renouvelle ce vœu. Le 2 mars 1922, le pape Pie XI proclame Notre-Dame de l'Assomption patronne principale de la France.
À Baillet-en-France, la Confrérie célèbre chaque année le 15 août au pied de Notre-Dame de France : messe, procession et prière pour notre pays.
« L'Immaculée Mère de Dieu, Marie toujours Vierge, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, a été élevée en corps et en âme à la gloire céleste. »
Pie XII, 1950
Disciple de Jésus, délivrée par lui de « sept démons », elle le suit jusqu'au pied de la Croix, aux côtés de la Vierge Marie. Au matin de Pâques, elle est la première à voir le Ressuscité, qui l'envoie annoncer la nouvelle aux apôtres : d'où son beau titre d'« apôtre des apôtres ». Selon la tradition provençale, elle finit ses jours en prière dans la grotte de la Sainte-Baume ; ses reliques sont vénérées à Saint-Maximin. Fête le 22 juillet.
Jeune martyre des premiers siècles, connue grâce à la découverte, en 1802, d'une tombe portant son nom dans les catacombes de Rome. Son culte se répand en France au XIXe siècle avec Pauline Jaricot, guérie par son intercession, puis avec le saint Curé d'Ars, qui lui attribuait les grâces obtenues dans sa paroisse et l'appelait sa « petite sainte ». Fête le 11 août.
Née à Nanterre, elle se consacre à Dieu dès l'enfance, encouragée par saint Germain d'Auxerre. En 451, quand Attila menace Paris, elle exhorte les habitants à prier plutôt qu'à fuir : la ville est épargnée. Elle ravitaille ensuite Paris assiégé et inspire à Clovis et sainte Clotilde la construction d'une église, où elle repose. Patronne de Paris et des gendarmes. Fête le 3 janvier.
Né à Cologne, maître réputé de l'école cathédrale de Reims, il quitte honneurs et carrière pour chercher Dieu dans le silence. En 1084, avec six compagnons, il s'établit dans le massif de la Chartreuse, près de Grenoble : c'est la naissance de l'ordre des Chartreux, voué à la solitude et à la prière. Appelé à Rome par le pape Urbain II, son ancien élève, il meurt en Calabre. Fête le 6 octobre.
Né près de Dijon, il entre à l'abbaye de Cîteaux avec une trentaine de compagnons, puis fonde Clairvaux en 1115. Conseiller des papes et des rois, docteur de l'Église, il est surtout le grand chantre de la Vierge Marie, dont il a fait l'étoile de toute vie chrétienne. Fête le 20 août.
« Regarde l'étoile, invoque Marie. »
Lire sa pageNée vers 1412 à Domrémy, en Lorraine, dans une famille de paysans, Jeanne grandit dans la prière ; elle aime se rendre à la petite chapelle Notre-Dame de Bermont, toute proche. Vers treize ans, elle entend des « voix » – saint Michel, sainte Catherine et sainte Marguerite – qui lui demandent de libérer le royaume et de faire sacrer le dauphin.
En 1429, à dix-sept ans, elle convainc Charles VII de lui confier une armée. Son étendard porte les noms « Jhesus Maria ». Elle délivre Orléans le 8 mai, puis conduit le roi jusqu'à Reims pour son sacre, le 17 juillet. Capturée à Compiègne l'année suivante et livrée aux Anglais, elle est jugée à Rouen au terme d'un procès inique et meurt sur le bûcher le 30 mai 1431, en invoquant le nom de Jésus. Elle a dix-neuf ans.
Réhabilitée dès 1456, canonisée en 1920 par Benoît XV, elle devient en 1922 patronne secondaire de la France, aux côtés de Notre-Dame de l'Assomption. Sa fête liturgique est le 30 mai ; la France l'honore chaque année le deuxième dimanche de mai.
« Messire Dieu premier servi. »
Né en Savoie, évêque de Genève, il ramène le Chablais à la foi par la douceur, la prédication et l'écrit. Avec sainte Jeanne de Chantal, il fonde l'ordre de la Visitation en 1610. Son Introduction à la vie dévote montre que la sainteté est possible pour tous, dans tous les états de vie. Docteur de l'Église, patron des journalistes et des écrivains. Fête le 24 janvier.
Née à Remiremont, en Lorraine. Avec saint Pierre Fourier, curé de Mattaincourt, elle fonde en 1597 la Congrégation Notre-Dame, pour offrir aux filles une éducation gratuite : une audace pour l'époque. Les écoles de la congrégation se répandent en France et dans le monde. Béatifiée en 1947. Fête le 9 janvier.
Fils de paysans des Landes, devenu prêtre, il est bouleversé par la misère des campagnes et des villes. Il consacre sa vie aux pauvres : il fonde les Prêtres de la Mission (Lazaristes) et, avec sainte Louise de Marillac, les Filles de la Charité, en 1633. Patron de toutes les œuvres charitables. Fête le 27 septembre.
Né à Montfort-sur-Meu, en Bretagne, missionnaire infatigable de l'Ouest de la France, il prêche le Rosaire et la consécration « à Jésus par Marie ». Son Traité de la vraie dévotion à la Sainte Vierge a profondément marqué Jean-Paul II, qui lui emprunta sa devise « Totus tuus ». Il est l'une des deux sources de la spiritualité de notre Confrérie. Fête le 28 avril.
« À Jésus par Marie. »
Lire sa pageNée à Poitiers. À dix-sept ans, elle répond à l'appel de saint Louis-Marie Grignion de Montfort et sert les pauvres de l'hôpital de la ville. Elle devient la première Fille de la Sagesse et, après la mort du fondateur, développe la congrégation pendant plus de quarante ans. Béatifiée en 1993 par Jean-Paul II. Fête le 28 avril.
Née à Grenoble, religieuse du Sacré-Cœur aux côtés de sainte Madeleine-Sophie Barat. En 1818, elle part pour l'Amérique et fonde des écoles dans le Missouri. À plus de soixante-dix ans, elle réalise enfin son rêve : vivre parmi les Amérindiens Potawatomis, qui la surnomment « la femme qui prie toujours ». Canonisée en 1988. Fête le 18 novembre.
Née en Bourgogne, elle fonde en 1807 les Sœurs de Saint-Joseph de Cluny. Elle envoie ses sœurs jusqu'en Afrique, aux Antilles et en Guyane, où elle prépare des esclaves à la liberté. Le roi Louis-Philippe disait d'elle : « Madame Javouhey, c'est un grand homme ! » Béatifiée en 1950. Fête le 15 juillet.
Jean-Marie Vianney, curé d'un petit village de la Dombes, consacre sa paroisse à la Vierge immaculée. Confesseur jusqu'à seize heures par jour, il attire des foules venues de toute la France. Patron de tous les curés du monde. Fête le 4 août.
« Le cœur de cette bonne Mère n'est qu'amour et miséricorde. »
Lire sa pageNé à Milan dans une famille lyonnaise, brillant professeur à la Sorbonne, il fonde à vingt ans, avec des amis étudiants, la Conférence de charité qui deviendra la Société de Saint-Vincent-de-Paul, au service des pauvres. Il meurt à quarante ans. Béatifié par Jean-Paul II à Notre-Dame de Paris en 1997. Fête le 9 septembre.
Hélène de Chappotin, née à Nantes, devient missionnaire en Inde sous le nom de Mère Marie de la Passion. En 1877, elle fonde les Franciscaines missionnaires de Marie, qui comptent bientôt des milliers de sœurs à travers le monde. Béatifiée en 2002. Fête le 15 novembre.
Fille d'un meunier pauvre de Lourdes, elle voit la Vierge dix-huit fois en 1858, à la grotte de Massabielle : « Je suis l'Immaculée Conception. » Elle entre ensuite chez les Sœurs de la Charité de Nevers, où elle vit cachée et malade. Son corps repose à Nevers. Canonisée en 1933. Fête le 18 février.
« La Sainte Vierge veut qu'on la prie longtemps. »
Lire sa pageOfficier à la vie dissipée, il se convertit à Paris en 1886. Trappiste, puis ermite au Sahara, à Tamanrasset, il vit en « frère universel » parmi les Touaregs, dont il étudie la langue. Il est tué le 1er décembre 1916. Canonisé en 2022. Fête le 1er décembre.
« Mon Père, je m'abandonne à vous. »
Guérie enfant par le sourire de la Vierge, elle entre à quinze ans au Carmel de Lisieux et meurt à vingt-quatre ans. Sa « petite voie » de confiance et d'amour a fait le tour du monde. Docteur de l'Église, patronne des missions et patronne secondaire de la France. Fête le 1er octobre.
« Je veux passer mon Ciel à faire du bien sur la terre. »
Lire sa pageÉlisabeth Catez entre au Carmel de Dijon à vingt et un ans et y meurt à vingt-six ans. Sa prière « Ô mon Dieu, Trinité que j'adore » dit toute sa vie : se laisser habiter par Dieu présent au fond du cœur. Canonisée en 2016. Fête le 8 novembre.
« Ô mon Dieu, Trinité que j'adore… »
Née à Paris, elle grandit dans le Gers puis étudie la restauration d'art à Rome. Jeune femme pleine de vie et de joie, elle découvre peu à peu l'amour de Dieu au cœur de ses journées. Elle meurt d'une encéphalite à vingt et un ans. Sa cause de béatification est ouverte : elle est « servante de Dieu ».

Exhortation des papes
Les papes et la France
Les papes successifs l'ont toujours rappelé : un lien particulier unit la France à l'Église, avec les exigences qu'il crée.
La France, fille aînée de l'Église
« France, fille aînée de l'Église, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? »
Lire le texte Saint Jean-Paul II · Lourdes, 1983Prière à Notre-Dame de Lourdes
« Obtiens pour ces frères et sœurs de France les dons de l'Esprit Saint. »
Lire le texte Pie XII · 1950Une histoire tissée des grâces de Marie
« La dévotion à la Mère de Jésus est une pierre de touche infaillible. »
Lire le texte Saint Pie X · 1911Le peuple de Reims
« Le peuple qui a fait alliance avec Dieu aux fonts baptismaux de Reims se repentira et retournera à sa première vocation. »
Lire le texteLes écrivains
Marie dans la littérature
Notre patrie est riche de ses écrivains sensibles à la beauté de la Vierge très pure. En quelques lignes, ils nous aident à contempler l'ineffable. Touchez un texte pour le lire.
Il est midi. Je vois l'église ouverte. Il faut entrer.
Mère de Jésus-Christ, je ne viens pas prier.
Je ne veux plus aimer que ma mère Marie.
Paul VerlaineSagesseLa France, peuple jardinier
Lire Charles PéguyPrésentation de la Beauce à Notre-Dame de Chartres
Lire Attribué à Charles PéguyRécite ton chapelet, dit Dieu
Lire Paul ClaudelLa Vierge à midi
Lire Paul VerlaineJe ne veux plus aimer que ma mère Marie
Lire Francis JammesLe Rosaire · Mystères joyeux
Lire Francis JammesLe Rosaire · Mystères douloureux
Lire Francis JammesLe Rosaire · Mystères glorieux
Lire Théophile GautierNoël
Lire Marie NoëlBerceuse de la Mère-Dieu
Lire Max JacobVisitation
Lire Antoine de Saint-ExupéryLettre au général X
Lire Lord Byron · un regard venu d'AngleterreAve Maria
« Ave Maria ! C'est l'heure de la prière ! Ave Maria ! C'est l'heure de l'amour. »
LireFrançais, Peuple honnête, plein de jeunesse, plein de ma jeunesse et de ma grâce, Les eaux du ciel, tu n'en es point intimidé, Tu n'en es point embarrassé, les eaux du ciel tu les détournes. Les jours mauvais pleuvent et pleuvent, ils ne te corrompent point. Au contraire, peuple qui assainis tout, France, ma fille aînée, Les jours mauvais tu n'en fais point des corruptions et des pestilences, Des eaux corrompues, des eaux mortes, Les jours mauvais, tu n'en fais point des mortes eaux, Toutes glaireuses, Mais jardinier, peuple jardinier, tu en fais ces beaux ruisselets d'eau vive Qui arrosent les plus beaux jardins Qu'il n'y ait jamais eu au monde, Qui arrosent les jardins de ma grâce, les éternels jardins. Moi je sais, dit Dieu, jusqu'où un Français peut se taire Sans rompre l'alignement, Je sais jusqu'où un Français peut ne pas rompre une ordonnance. Et ce qu'ils souffrent en dedans et jusqu'où, Quelles épreuves ils portent, sans bouger d'une ligne, Comme un beau pont, comme une belle voûte bien juste, Quels sacrifices ils m'apportent (en secret) : nul sacrifice n'est si profond Qu'un labour français. Une eau pure, une eau saine, une eau courante monte Dans les tiges de la loi du Pain, Une eau saine, une eau courante monte, une eau rare Dans les sarments de la loi du Vin, Une eau lorraine, une eau française monte dans le bourgeonnement De l'une et l'autre loi. Français, dit Dieu, c'est vous qui avez inventé ces beaux jardins des âmes. Je sais quelles fleurs merveilleuses croissent dans vos mystérieux jardins, Je sais quelles épreuves infatigables vous portez, Je sais quelles fleurs et quels fruits vous m'apportez en secret, C'est vous qui avez inventé le jardin, Les autres ne font que des horreurs. Vous êtes celui qui dessine le jardin du Roi. Aussi je vous le dis en vérité, c'est vous qui serez mes jardiniers devant Dieu, C'est vous qui dessinerez mes jardins de Paradis.
Étoile de la mer voici la lourde nappe Et la profonde houle et l'océan des blés Et la mouvante écume et nos greniers comblés, Voici votre regard sur cette immense chape Et voici votre voix sur cette lourde plaine Et nos amis absents et nos cœurs dépeuplés, Voici le long de nous nos poings désassemblés Et notre lassitude et notre force pleine. Étoile du matin, inaccessible reine, Voici que nous marchons vers votre illustre cour, Et voici le plateau de notre pauvre amour, Et voici l'océan de notre immense peine. Un sanglot rôde et court par-delà l'horizon. À peine quelques toits font comme un archipel. Du vieux clocher retombe une sorte d'appel. L'épaisse église semble une basse maison. Ainsi nous naviguons vers votre cathédrale. De loin en loin surnage un chapelet de meules, Rondes comme des tours, opulentes et seules Comme un rang de châteaux sur la barque amirale.
Récite ton chapelet, dit Dieu… Cette prière-là, je te le dis, est un rayon de l'Évangile : on ne me la changera pas. Ce que j'aime dans le chapelet, dit Dieu, c'est qu'il est simple et qu'il est humble. Comme fut mon Fils. Comme fut sa Mère. Va, mon fils, dis ton chapelet de ton mieux ; il ne t'empêchera pas de suivre la sainte liturgie que j'ai donnée à mon Église, et qui est belle et qui est grande et magnifique même, quand elle est faite d'un cœur simple et qui ne veut que sa louange. Récite ton chapelet : tu trouveras à tes côtés toute la compagnie rassemblée en l'Évangile : la pauvre veuve qui n'a pas fait d'études et le publicain repentant qui ne sait plus son catéchisme, la pécheresse effrayée qu'on voudrait accabler, et tous les éclopés que leur foi a sauvés, et les bons vieux bergers, comme ceux de Bethléem qui découvrirent mon Fils, et sa Mère… Récite ton chapelet, dit Dieu, et ne crains surtout pas la ritournelle car je vous connais bien : vous avez souvent la tête creuse, et la pensée qui tourne à vide. Mais si vous voulez que je vous accorde de moudre le bon grain de l'esprit, vous devez vous prendre en patience vous-mêmes, comme je le fais. Il faut que votre prière tourne, tourne et retourne, comme font entre vos doigts les grains du chapelet. Alors, quand je le voudrai, je vous l'assure, vous recevrez la bonne nourriture qui affermit le cœur et rassure l'âme. Allons, dit Dieu, récitez votre chapelet et gardez l'esprit en paix.
Il est midi. Je vois l'église ouverte. Il faut entrer. Mère de Jésus-Christ, je ne viens pas prier. Je n'ai rien à offrir et rien à demander. Je viens seulement, Mère, pour vous regarder. Vous regarder, pleurer de bonheur, savoir cela Que je suis votre fils et que vous êtes là. Rien que pour un moment pendant que tout s'arrête. Midi ! Être avec vous, Marie, en ce lieu où vous êtes. Ne rien dire, regarder votre visage, Laisser le cœur chanter dans son propre langage. Ne rien dire, mais seulement chanter parce qu'on a le cœur trop plein, Comme le merle qui suit son idée en ces espèces de couplets soudains. Parce que vous êtes belle, parce que vous êtes immaculée, La femme dans la Grâce enfin restituée, La créature dans son honneur premier et dans son épanouissement final, Telle qu'elle est sortie de Dieu au matin de sa splendeur originale. Intacte ineffablement parce que vous êtes la Mère de Jésus-Christ, Qui est la vérité entre vos bras, et la seule espérance et le seul fruit. Parce que vous êtes la femme, l'Éden de l'ancienne tendresse oubliée, Dont le regard trouve le cœur tout à coup et fait jaillir les larmes accumulées, Parce que vous m'avez sauvé, parce que vous avez sauvé la France, Parce qu'elle aussi, comme moi, pour vous fut cette chose à laquelle on pense, Parce qu'à l'heure où tout craquait, c'est alors que vous êtes intervenue, Parce que vous avez sauvé la France une fois de plus, Parce qu'il est midi, parce que nous sommes en ce jour d'aujourd'hui, Parce que vous êtes là pour toujours, simplement parce que vous êtes Marie, simplement parce que vous existez, Mère de Jésus-Christ, soyez remerciée !
Je ne veux plus aimer que ma mère Marie. Tous les autres amours sont de commandement. Nécessaires qu'ils sont, ma mère seulement Pourra les allumer aux cœurs qui l'ont chérie. C'est pour Elle qu'il faut chérir mes ennemis, C'est par Elle que j'ai voué ce sacrifice, Et la douceur de cœur et le zèle au service, Comme je la priais, Elle les a permis. Et comme j'étais faible et bien méchant encore, Aux mains lâches, les yeux éblouis des chemins, Elle baissa mes yeux et me joignit les mains, Et m'enseigna les mots par lesquels on adore. C'est par Elle que j'ai voulu de ces chagrins, C'est pour Elle que j'ai mon cœur dans les Cinq Plaies, Et tous ces bons efforts vers les croix et les claies, Comme je l'invoquais, Elle en ceignit mes reins. Je ne veux plus penser qu'à ma mère Marie, Siège de la Sagesse et source des pardons, Mère de France aussi, de qui nous attendons Inébranlablement l'honneur de la patrie. Marie Immaculée, amour essentiel, Logique de la foi cordiale et vivace, En vous aimant qu'est-il de bon que je ne fasse, En vous aimant du seul amour, Porte du Ciel ?
## L'Annonciation Par l'arc-en-ciel sur l'averse des roses blanches, Par le jeune frisson qui court de branche en branche Et qui a fait fleurir la tige de Jessé ; Par les Annonciations riant dans les rosées Et par les cils baissés des graves fiancés : Je vous salue, Marie. ## La Visitation Par l'exaltation de votre humilité Et par la joie du cœur des humbles visités, Par le Magnificat qu'entonnent mille nids, Par le lys de vos bras joints vers le Saint-Esprit Et par Élisabeth, treille où frémit un fruit : Je vous salue, Marie. ## La Nativité Par l'âne et par le bœuf, par l'ombre et par la paille, Par la pauvresse à qui l'on dit qu'elle s'en aille, Par les nativités qui n'eurent sur leurs tombes Que les bouquets de givre aux plumes de colombes ; Par la vertu qui lutte et celle qui succombe : Je vous salue, Marie. ## La Présentation Par votre modestie offrant des tourterelles, Par le vieux Siméon pleurant devant l'autel, Par la prophétesse Anne et par votre mère Anne, Par l'obscur charpentier qui, courbé sur sa canne, Suivait avec douceur les petits pas de l'âne : Je vous salue, Marie. ## Le Recouvrement au Temple Par la mère apprenant que son Fils est guéri, Par l'oiseau rappelant l'oiseau tombé du nid, Par l'herbe qui a soif et recueille l'ondée, Par le baiser perdu, par l'amour redonné Et par le mendiant retrouvant sa monnaie : Je vous salue, Marie.
## L'Agonie Par le petit garçon qui meurt près de sa mère Tandis que les enfants s'amusent au parterre ; Et par l'oiseau blessé qui ne sait pas comment Son aile tout à coup s'ensanglante et descend, Par la soif et la faim et le délire ardent : Je vous salue, Marie. ## La Flagellation Par les gosses battus par l'ivrogne qui rentre, Par l'âne qui reçoit des coups de pied au ventre, Par l'humiliation de l'innocent châtié, Par la vierge vendue qu'on a déshabillée, Par le fils dont la mère a été insultée : Je vous salue, Marie. ## Le Couronnement d'épines Par le mendiant qui n'eut jamais d'autre couronne Que le vol des frelons, amis des vergers jaunes, Et d'autre sceptre qu'un bâton contre les chiens ; Par le poète dont saigne le front qui est ceint Des ronces des désirs que jamais il n'atteint : Je vous salue, Marie. ## Le Portement de croix Par la vieille qui, trébuchant sous trop de poids, S'écrie : « Mon Dieu ! » Par le malheureux dont les bras Ne purent s'appuyer sur une amour humaine Comme la Croix du Fils sur Simon de Cyrène ; Par le cheval tombé sous le chariot qu'il traîne : Je vous salue, Marie. ## Le Crucifiement Par les quatre horizons qui crucifient le monde, Par tous ceux dont la chair se déchire ou succombe, Par ceux qui sont sans pieds, par ceux qui sont sans mains, Par le malade que l'on opère et qui geint Et par le juste mis au rang des assassins : Je vous salue, Marie.
## La Résurrection Par la nuit qui s'en va et nous fait voir encore L'églantine qui rit sur le cœur de l'aurore, Par la cloche pascale à la voix en allée Et qui, le Samedi saint, à toute volée Couvre d'alléluias la bouche des vallées : Je vous salue, Marie. ## L'Ascension Par le gravissement escarpé de l'ermite Vers les sommets que les perdrix blanches habitent, Par les troupeaux escaladant l'aube du ciel Pour ne se nourrir plus que de neige et de miel, Et par l'ascension du glorieux soleil : Je vous salue, Marie. ## La Pentecôte Par les feux pastoraux qui descendent, la nuit, Sur le front des coteaux, ces apôtres qui prient ; Par la flamme qui cuit le souper noir du pauvre ; Par l'éclair dont l'Esprit allume comme un chaume, Mais pour l'éternité, le néant de chaque homme : Je vous salue, Marie. ## L'Assomption Par la vieille qui atteint, portant un faix de bois, Le sommet de la route et l'ombre de la Croix, Que son plus beau Fils vient aider dans sa peine ; Par la colombe dont le vol à la lumière Se fond si bien qu'il n'est bientôt qu'une prière : Je vous salue, Marie. ## Le Couronnement de la Vierge Par la Reine qui n'eut jamais d'autre couronne Que les astres, trésor d'une ineffable aumône, Et d'autre sceptre que le lys d'un vieux jardin ; Par la Vierge dont penche le front qui est ceint Des roses des désirs que son amour atteint : Je vous salue, Marie.
Le ciel est noir, la terre est blanche ; Cloches, carillonnez gaîment ! Jésus est né ; la Vierge penche Sur lui son visage charmant. Pas de courtines festonnées Pour préserver l'enfant du froid ; Rien que les toiles d'araignées Qui pendent des poutres du toit. Il tremble sur la paille fraîche, Ce cher petit enfant Jésus, Et pour l'échauffer dans sa crèche L'âne et le bœuf soufflent dessus. La neige au chaume coud ses franges, Mais sur le toit s'ouvre le ciel, Et, tout en blanc, le chœur des anges Chante aux bergers : « Noël ! Noël ! »
De bouche, Ô mon Dieu, vous n’en aviez pas Pour parler aux gens perdus d’ici bas. Ta bouche de lait, vers mon sein tournée, Ô mon fils, c’est moi qui te l’ai donnée. De main, Ô mon Dieu, vous n’en aviez pas Pour guérir du doigt leurs pauvres corps las, Ta main, bouton clos, rose encore gênée, Ô mon Fils, c’est moi qui te l’ai donnée. De chair, Ô mon Dieu, vous n’en aviez pas Pour rompre avec eux le pain du repas Ta chair au printemps de moi façonnée, Ô mon Fils, c’est moi qui te l’ai donnée. De mort, Ô mon Dieu, vous n’en aviez pas Pour sauver le monde… Ô douleur là-bas, Ta mort d’homme, un soir, noire, abandonnée Mon petit, c’est moi qui te l’ai donnée. De Fils, Ô mon Dieu, je n’en avais pas Vierge que je suis, en cet humble état, Quelle joie en fleur de moi serait née ? Mais vous Tout-Puissant, me l’avez-donnée.
Louange à cette petite fille de la campagne Qui a été l’épouse et la mère de Dieu ! Elle a reçu la visite de l’Ange, elle l’a vu de ses propres yeux. Elle est allée chez sa vieille cousine dans la montagne Celle qui devait être la Mère de Jean. Elle n’est qu’une pauvre enfant de la campagne, Sa famille est une famille de pauvres gens. Sa cousine est l’épouse d’un vieux prêtre, Elle-même est la fiancée du menuisier – Un menuisier de bourg, pensait ce que ça pouvait être !- Dans leur vie un événement est arrivé : Il paraît que le Saint-Esprit est sur Marie, Sa cousine est l’épouse d’un vieux prêtre, Marie est allée la visiter. Louange à cette petite fille de la campagne Qui a mérité d’être la mère de Dieu ! Il me semble qu’elle était née en Bretagne Et qu’elle a vécu là sous mes yeux Je connais la colline où vécut Elisabeth, C’est à seize kilomètres de chez moi, Un peu avant d’arriver à Bénodet ; Un ancien moulin entre une lande et un bois, Marie est venue là avant que d’être mère Elle est l’unique, Elle est saluée par Gabriel ; Elle le mérite : C’est pourquoi Dieu est sur elle, Il est en elle, il est autour d’elle ; Il est son époux, son Fils, son père ; Elle est sa nourrice et sa mère ; Elle est sa reine, il est son roi. Vierge unique, veillez sur moi
« L’homme meurt de soif dans ce siècle. Voyez-vous, on ne peut plus, on ne peut plus vivre sans poésie, couleur ni amour. Si je rentre vivant de ce job nécessaire et ingrat (la guerre), il ne se posera pour moi qu’un problème : Que peut-on, que faut-il dire aux hommes ? Ils auraient tant besoin d’un Dieu.
Je suis malade pour un temps inconnu (le temps à venir). Je suis triste pour ma génération qui est vide de toute substance humaine. Les hommes refusent d’être éveillés à une vie spirituelle quelconque. Comment faire pleuvoir sur eux quelque chose qui ressemble à du grégorien ? »
Ave Maria ! Sur la terre et sur la mer, Cette heure plus que tout autre céleste, est la plus digne de toi ! Ave Maria ! Bénie soit cette heure, Bénis soient le jour, le pays et le lieu où tant de fois J'ai senti dans toute sa plénitude Ce moment si beau et si doux descendre sur la terre, Tandis que la cloche profonde se balançait dans la tour lointaine. Le doux cantique du jour mourant s'élevait avec légèreté ; Pas un souffle ne glissait dans l'air couleur de rose, Et cependant les feuilles des arbres semblaient agitées du tressaillement de la prière. Ave Maria ! C'est l'heure de la prière ! Ave Maria ! C'est l'heure de l'amour ! Ave Maria ! Permets que nos esprits S'élèvent jusqu'à toi et jusqu'à ton Fils ! Ave Maria ! Oh ! Que ce visage est beau ! Et ces yeux baissés sous l'aile de la Colombe toute-puissante ! Qu'importe que ce ne soit là qu'une image peinte ? Ce tableau n'est pas une idole ; il est la vérité.
Au fil des Ave Maria
Trois lettres à Marie pour la France
Edmond Fricoteaux, fondateur de la Confrérie, écrivait à la Vierge comme un fils à sa mère. Trois de ses lettres sont pour la France.
« Venez, Notre-Dame de France, et prenez la France sur vos genoux ! »
Edmond FricoteauxNotre-Dame et la France
« France, es-tu fidèle ? » Pour les 1 500 ans du baptême de Clovis. LettreNotre-Dame, Reine de France
La France, son royaume chéri, et les vocables de Marie sur notre sol. LettreNotre-Dame de toute la France
Le rêve d'un grand retour de Marie sur nos routes et dans nos maisons.Mettre en pratique
Prier pour la France
Répondre à tant de prévenances : c'est la mission de la Confrérie. Chacun peut y prendre part, où qu'il soit.
Prières pour la France
La prière à Notre-Dame de France, Reine de la Paix, et les prières de Marthe Robin et Marcel Van.
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Le chapelet perpétuel
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Allumer un cierge
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Allumer« Elle vous aime toujours, puisqu'elle n'a jamais cessé de m'aimer. »
Marie, parlant de la France à son Fils
Notre-Dame de France, priez pour nous.
