Les saints

Sainte Thérèse · plus Mère que Reine

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La spiritualité· Les saints nous encouragent
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Les saints nous encouragent · Sainte Thérèse de Lisieux

Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus

« Ô ma bonne Sainte Vierge, venez à mon secours ! »

Plus Mère que ReineDocteur de l'ÉgliseLecture : 13 min

La sainte

Qui est sainte Thérèse ?

Thérèse Martin perd sa mère à quatre ans. À dix ans, gravement malade, elle est guérie par le sourire de la Vierge. Entrée à quinze ans au Carmel de Lisieux, elle y meurt à vingt-quatre ans, après avoir découvert la « petite voie » de la confiance et de l'amour. Pour elle, Marie n'est pas une dévotion parmi d'autres : c'est sa Mère, « plus Mère que Reine ».

  • 1873naissance à Alençon, le 2 janvier
  • 1883guérie par le sourire de la Vierge
  • 1897elle meurt au Carmel de Lisieux
  • 1925canonisée par Pie XI

Plus Mère que Reine

Ne crains pas d'aimer trop la Sainte Vierge, jamais tu ne l'aimeras assez, et Jésus sera bien content, puisque la Sainte Vierge est sa Mère…

Lettre du 30 mai 1889

Lettre · 27 décembre 1893

… La Sainte Vierge est vraiment notre Mère !

On sait bien que la Sainte Vierge est la Reine du ciel et de la terre, mais elle est plus Mère que Reine.

Derniers entretiens · 21 août 1897
Derniers entretiens · 21 août 1897

… Il ne faut pas dire, à cause de ses prérogatives, qu'elle éclipse la gloire de tous les saints, comme le soleil à son lever fait disparaître les étoiles. Mon Dieu, que cela est étrange ! Une Mère qui fait disparaître la gloire de ses enfants ! Moi, je pense tout le contraire : je crois qu'elle augmentera de beaucoup la splendeur des élus.

Derniers entretiens · 21 août 1897

… Ce que la Sainte Vierge a de plus que nous, c'est qu'elle ne pouvait pas pécher, qu'elle était exempte de la tache originelle ; mais d'autre part, elle a eu bien moins de chance que nous, puisqu'elle n'a pas eu de Sainte Vierge à aimer !

Plus heureuse que vous

À propos de la Sainte Vierge, il faut que je te confie une de mes simplicités avec elle ; parfois je me surprends à lui dire :

« Mais ma bonne Sainte Vierge, je trouve que je suis plus heureuse que vous, car je vous ai pour Mère, et vous, vous n'avez pas de Sainte Vierge à aimer… Il est vrai que vous êtes la Mère de Jésus, mais ce Jésus, vous nous l'avez donné tout entier… et lui, sur la croix, il vous a donnée à nous pour Mère. Ainsi nous sommes plus riches que vous, puisque nous possédons Jésus et que vous êtes à nous aussi.

Autrefois, dans votre humilité, vous souhaitiez d'être un jour la petite servante de l'heureuse Vierge qui aurait l'honneur d'être la Mère de Dieu, et voilà que moi, pauvre petite créature, je suis, non pas votre servante, mais votre enfant. »

Vous êtes la Mère de Jésus, et vous êtes ma Mère !

Lettre du 19 octobre 1892

Sans doute, la Sainte Vierge doit rire de ma naïveté, et cependant, ce que je lui dis est bien vrai !

Qu'avons-nous à craindre ?

Lettre · 9 mai 1897

… Seule, la Sainte Vierge Immaculée se présente absolument pure devant la Majesté divine. Quelle joie de penser que cette Vierge est notre Mère ! Puisqu'elle nous aime et qu'elle connaît notre faiblesse, qu'avons-nous à craindre ?

Lettre · 20 juillet 1888

Élevons-nous au-dessus de ce qui passe. Tenons-nous à distance de la terre : plus haut, l'air est pur. Jésus se cache, mais on le devine ; en versant des larmes, on essuie les siennes, et la Sainte Vierge sourit. Pauvre Mère, elle a eu tant de peine à cause de nous, il est juste que nous la consolions un peu en pleurant et souffrant avec elle.

Lettre · 17 mars 1896

… Marie peut changer en lait le sang qui s'échappe des blessures faites par l'amour !

On la montre inabordable, il faudrait la montrer imitable.

Derniers entretiens · 21 août 1897
Derniers entretiens · 21 août 1897

… Je suis sûre que sa vie réelle devait être toute simple. On la montre inabordable, il faudrait la montrer imitable, faire ressortir ses vertus, dire qu'elle vivait de foi, comme nous.

Prier tout simplement

Manuscrit C

… Jamais la Sainte Vierge ne manque de me protéger aussitôt que je l'invoque. S'il me survient une inquiétude, un embarras, bien vite je me tourne vers elle, et toujours, comme la plus tendre des Mères, elle se charge de mes intérêts.

Conseils et souvenirs

… Je récite un Ave Maria pour offrir mon travail à la Sainte Vierge. J'ai pris l'habitude d'agir ainsi chaque fois que je me remets à l'ouvrage.

Même la petite Thérèse avait du mal à prier le chapelet : « Toute seule, la récitation du chapelet me coûte plus que de mettre un instrument de pénitence… Je sens que je le dis si mal ! »

« J'ai beau m'efforcer de méditer les mystères du Rosaire, je n'arrive pas à fixer mon esprit. Longtemps, je me suis désolée de ce manque de dévotion qui m'étonnait, car j'aime tant la Sainte Vierge qu'il devrait m'être facile de faire en son honneur des prières qui lui sont agréables. Maintenant, je me désole moins : je pense que la Reine des cieux, étant ma Mère, doit voir ma bonne volonté et qu'elle s'en contente… Quelquefois, lorsque mon esprit est dans une si grande sécheresse qu'il m'est impossible d'en tirer une pensée pour m'unir au bon Dieu, je récite très lentement un Notre Père, et puis la Salutation angélique. »

Manuscrit C

Quand on a prié la Sainte Vierge et qu'elle ne nous exauce pas, c'est un signe qu'elle ne veut pas. Alors, il faut la laisser faire à son idée et ne pas se tourmenter.

Priez bien la Sainte Vierge pour moi.

Derniers entretiens · 23 août 1897

Mai 1897 · son dernier poème

Pourquoi je t'aime, ô Marie

« Je ne voudrais pas mourir sans dire ce que j'ai à dire sur la Sainte Vierge. » Quatre mois avant sa mort, Thérèse écrit un long poème de vingt-cinq strophes, en méditant l'Évangile de l'Annonciation jusqu'à la Croix. En voici quelques strophes.

Oh ! je voudrais chanter, Marie, pourquoi je t'aime,Pourquoi ton nom si doux fait tressaillir mon cœur,Et pourquoi la pensée de ta grandeur suprêmeNe saurait à mon âme inspirer de frayeur.

Si je te contemplais dans ta sublime gloireEt surpassant l'éclat de tous les bienheureux,Que je suis ton enfant je ne pourrais le croire :Ô Marie, devant toi, je baisserais les yeux !…

Je sais qu'à Nazareth, Mère pleine de grâces,Tu vis très pauvrement, ne voulant rien de plus.Point de ravissements, de miracles, d'extasesN'embellissent ta vie, ô Reine des élus !…

Le nombre des petits est bien grand sur la terre :Ils peuvent sans trembler vers toi lever les yeux.C'est par la voie commune, incomparable Mère,Qu'il te plaît de marcher pour les guider aux cieux.

Bientôt je l'entendrai, cette douce harmonie,Bientôt dans le beau ciel je vais aller te voir.

Toi qui vins me sourire au matin de ma vie, viens me sourire encore… Mère, voici le soir !

Je ne crains plus l'éclat de ta gloire suprême ;Avec toi j'ai souffert, et je veux maintenantChanter sur tes genoux, Marie, pourquoi je t'aime,Et redire à jamais que je suis ton enfant !

Le sourire de la Vierge

Pour Thérèse, Marie n'est pas une dévotion : c'est une relation vitale. Privée de sa mère à quatre ans, elle trouve en Marie une Mère, au sens le plus fort. Toute sa vie, une même statue l'accompagne : une Vierge offerte autrefois à son père, que l'on appellera la « Vierge du Sourire ».

  1. 1877Mort de sa mère, Zélie Martin. Thérèse a quatre ans ; la famille s'installe à Lisieux, aux Buissonnets.
  2. 1883Gravement malade depuis l'entrée de sa sœur Pauline au Carmel, Thérèse est guérie le 13 mai : la statue de la Vierge lui sourit. Toute la famille, et le Carmel, priaient Notre-Dame des Victoires.
  3. 1886À Noël, une grâce la libère de son extrême sensibilité : c'est sa « conversion ».
  4. 1888À quinze ans, elle entre au Carmel de Lisieux, un ordre tout consacré à Marie : les premiers carmes s'appelaient les « frères de la Vierge ».
  5. 1895Le 9 juin, elle s'offre à l'Amour miséricordieux, en faisant passer son offrande par les mains de Marie, aux pieds de la Vierge du Sourire, installée dans sa cellule.
  6. 1897Elle meurt le 30 septembre, à vingt-quatre ans. La Vierge du Sourire domine aujourd'hui sa châsse, au Carmel de Lisieux.

Marie, la première chrétienne

Les prédicateurs de son temps avaient tant exalté Marie qu'ils l'avaient éloignée du peuple chrétien, au point qu'on aurait presque pu la craindre. « Je n'ai jamais entendu de sermon qui m'ait plu sur la Sainte Vierge », confie Thérèse. « Comment pourrais-je craindre ma Mère ? »

Elle revient simplement à l'Évangile. Elle y voit une femme qui a vécu la vie la plus ordinaire, à Nazareth : aller chercher l'eau à la fontaine, préparer les repas de Joseph et de Jésus. Une femme qui a vécu de foi, comme nous, sans tout savoir d'avance : déroutée quand elle perd Jésus au Temple, debout au pied de la Croix, où elle vit la compassion pendant que son Fils vit la Passion.

Femme, voici ton fils. Fils, voici ta Mère.

Évangile selon saint Jean 19, 26-27

Dans ce portrait de Marie, on devine celui de Thérèse. Elle aussi a vécu de foi, dans une prière souvent aride ; pendant les dix-huit derniers mois de sa vie, elle traverse une profonde nuit de la foi, qu'elle offre pour les incroyants de son temps. Et comme Marie chantant son Magnificat, elle reconnaît que le Seigneur a fait en elle de grandes choses, parce qu'elle était toute petite.

Présentation d'après Marie de Nazareth

Se donner à Marie

Le pape Pie XII, qui avait une grande dévotion pour sainte Thérèse, a souvent rappelé ce que signifie se consacrer à la Mère de Dieu :

« La consécration à la Mère de Dieu est un don total de soi, pour la vie et pour l'éternité ; ce n'est pas un don de pure forme ou de sentiment, mais un don effectif, accompli dans l'intensité de la vie chrétienne et mariale. »

Pie XII, aux Congrégations mariales · 21 janvier 1945

« Quiconque s'est consacré à Marie lui appartient de façon spéciale. Il est devenu comme un sanctuaire de la très Sainte Vierge ; l'amour de Marie lui donne le courage d'entreprendre de grandes choses, de vaincre le respect humain, de secouer l'égoïsme, de servir et d'obéir patiemment. Le regard fixé intérieurement sur elle, il s'affectionne à la pureté, à l'humilité, à la charité, dont l'âme de la Vierge était rayonnante.

Mettez-vous donc avec confiance sous le manteau qu'elle ouvre de ses deux bras maternels pour accueillir tous ses enfants. »

Pie XII · Les fruits de la consécration

Le 30 septembre 1897, jour de sa mort, Thérèse murmurait encore :

Ô ma bonne Sainte Vierge, venez à mon secours !

Derniers entretiens · 30 septembre 1897

Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus

Carmélite de Lisieux · Docteur de l'Église

SourcesSainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Lettres, Manuscrit C, Derniers entretiens, Conseils et souvenirs, poème « Pourquoi je t'aime, ô Marie » (mai 1897). Pie XII, discours sur la consécration à Marie. Présentation d'après Marie de Nazareth.

Sainte Thérèse, priez pour nous.