Les saints

Le saint Curé d'Ars · sa plus vieille affection

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La spiritualité· Les saints nous encouragent
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Les saints nous encouragent · Saint Jean-Marie Vianney

Le saint Curé d'Ars

« Le cœur de cette bonne Mère n'est qu'amour et miséricorde ! »

Ses paroles sur MariePatron des curésLecture : 12 min

Le saint

Qui est le saint Curé d'Ars ?

Jean-Marie Vianney fut pendant plus de quarante ans le curé d'un petit village de l'Ain, Ars-sur-Formans. Confesseur infatigable, il y attira des foules venues de toute la France. Sa sainteté avait deux grands ressorts : l'Eucharistie et la Vierge Marie, qu'il appelait « ma plus vieille affection ». L'Église en a fait le patron des curés.

  • 1786naissance à Dardilly, près de Lyon
  • 1818arrivée à Ars
  • 1859il meurt à Ars le 4 août
  • 1925canonisé par Pie XI

Le chef-d'œuvre de ses mains

Le Père se plaît à regarder la Sainte Vierge comme le chef-d'œuvre de ses mains.

Les prophètes ont publié la gloire de Marie avant sa naissance. Ils l'ont comparée au soleil. En effet, l'apparition de la Sainte Vierge peut bien se comparer à un beau soleil dans un jour de brouillard.

On n'entre pas dans une maison sans parler au portier. Eh bien, la Sainte Vierge est la portière du ciel !

« À la crèche, que faisaient la Sainte Vierge et saint Joseph ? Ils regardaient, ils contemplaient, ils admiraient l'Enfant Jésus. Voilà toute leur occupation. Ils étaient en oraison devant le Saint Sacrement exposé sur l'autel de la crèche. Ils bénissaient, ils remerciaient le bon Dieu qui, par amour pour nous, venait de nous donner son Fils…

Jamais personne ne pourra comprendre, ne pourra dire tout ce qui se passait alors en Marie ! »

Un cœur de mère

Le cœur de cette bonne Mère n'est qu'amour et miséricorde !

Le saint Curé d'Ars

Il suffit seulement de se tourner vers elle pour être exaucé.

La Sainte Vierge est si bonne qu'elle nous traite toujours avec amour et ne nous punit jamais.

Plus nous sommes pécheurs, et plus elle a de tendresse et de compassion pour nous. L'enfant qui a coûté le plus de larmes à sa mère est le plus cher à son cœur.

La Sainte Vierge est comme une mère qui a beaucoup d'enfants. Elle est continuellement occupée à aller de l'un à l'autre !

Ce qui doit nous engager à nous adresser à elle avec une grande confiance, c'est qu'elle est toujours attentive.

Le cœur de Marie est si tendre pour nous que ceux de toutes les mères réunies ne sont qu'un morceau de glace auprès du sien.

Le saint Curé d'Ars

Prier par Marie

Lorsqu'on veut offrir quelque chose à un grand personnage, on lui fait présenter cet objet par une personne qu'il préfère, afin que l'hommage lui soit plus agréable. Ainsi nos prières, présentées par la Sainte Vierge, ont tout autre mérite, parce que la Sainte Vierge est la seule créature qui n'a jamais offensé Dieu.

La force de sa prière

Tout ce que le Fils demande au Père lui est accordé.

Tout ce que la Mère demande au Fils lui est pareillement accordé.

Le moyen le plus sûr de connaître la volonté de Dieu, c'est de prier notre bonne Mère !

L'Ave Maria est une prière qui ne lasse jamais. Adressons-nous à elle avec une grande confiance.

Le saint Curé d'Ars

L'échelle du ciel

« La Sainte Vierge est en haut de l'échelle »

L'homme était créé pour le ciel.Le démon a brisé l'échelle qui nous y menait.Notre Seigneur, par sa Passion,nous en a formé une autre…

La Sainte Vierge est en haut de l'échelle et la tient à deux mains.

Benoît XVI · Angélus du 15 août 2009

Pendant l'Année sacerdotale, le pape Benoît XVI a puisé dans les paroles du saint Curé d'Ars pour aider chacun, « spécialement nous, les prêtres, à raviver notre amour et notre vénération pour la Vierge Très Sainte ». Il rappelait que le saint parlait de Marie « avec dévotion, et en même temps avec familiarité et spontanéité ».

Le saint Curé d'Ars était surtout attiré par la beauté de Marie, l'Immaculée, seule créature conçue sans l'ombre d'un péché : « La Sainte Vierge est cette belle créature qui n'a jamais dégoûté le bon Dieu. » Et encore : « Si je n'allais pas au ciel, comme je serais peiné ! Je ne verrais jamais la Sainte Vierge, cette créature si belle ! »

Il consacra plusieurs fois sa paroisse à la Vierge, et recommandait aux mamans de faire de même chaque matin avec leurs enfants. « Faisons nôtres les sentiments du saint Curé d'Ars », concluait le pape.

Ma plus vieille affection

Pour Jean-Marie Vianney, aimer Marie n'est pas une dévotion facultative. Puisque Dieu a voulu associer la Vierge à toute l'histoire du Salut, il lui donne toute sa place et compte sur elle : elle a encore une œuvre à accomplir parmi les hommes qui marchent vers le Ciel. Chez lui, le cœur et l'intelligence de la foi vont ensemble.

La Sainte Vierge est ma plus vieille affection. Je l'ai aimée avant de la connaître !

Le saint Curé d'Ars

Cet amour remonte à l'enfance. Sa mère le guide et lui apprend à prier Marie. Un jour, l'enfant donne « pour l'amour de Dieu » son chapelet à sa sœur Gothon, et il lui en coûte ; sa mère le console en lui offrant une petite statue de Notre-Dame, qu'il « ne quittait ni le jour ni la nuit », racontera Catherine Lassagne. À quatre ans, c'est devant elle qu'on le retrouve en prière, dans l'étable de Dardilly. Plus tard, au labour, il la lance devant lui dans le sillon pour se donner du cœur à l'ouvrage.

Comme sa mère le lui a appris, à chaque fois que sonne l'horloge de la paroisse, il se découvre et récite un Ave Maria : une habitude qu'il gardera toute sa vie avec ses paroissiens. Marie l'accompagnera tout au long de sa rude montée vers le sacerdoce.

L'ami de l'Immaculée

Jean-Marie Vianney a une dévotion toute particulière pour l'Immaculée Conception, avec une confiance d'enfant. Pour obtenir la pureté du cœur, il s'est engagé par un vœu à réciter chaque jour une fois le Regina Cæli, et six fois cette prière :

Sa prière, six fois par jour

Bénie soit la très sainte et immaculée Conception de la bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu. À jamais. Ainsi soit-il.

Vicaire à Écully auprès de l'abbé Balley, bien avant la proclamation du dogme, il s'en fait l'ardent défenseur : il recopie des prières à l'Immaculée Conception et les répand dans la paroisse. Avec l'abbé Balley, il compose le chapelet de l'Immaculée Conception, que l'on récitait encore chaque soir à Ars, selon le témoignage d'une paroissienne, Jeanne-Marie Chanay.

« J'ai si souvent puisé à cette source [le cœur de la Très Sainte Vierge] qu'il n'y resterait plus rien depuis longtemps, si elle n'était pas inépuisable… »

À Ars, sous le regard de Marie

C'est à Ars que le jeune curé donne toute la mesure de sa dévotion. Il fonde d'abord la confrérie du Saint-Rosaire pour les jeunes filles de la paroisse, puis marque la vie du village par de grands moments :

  1. 1820Il restaure la chapelle de la Vierge, bien trop modeste à son goût.
  2. 1823Pèlerinage paroissial d'action de grâces à Notre-Dame de Fourvière.
  3. 1834Achat de la statue dorée de la Vierge, que l'on voit encore dans la chapelle.
  4. 1836Le 1er mai, il consacre la paroisse à l'Immaculée Conception, dix-huit ans avant la proclamation du dogme. Les noms des paroissiens sont placés dans un cœur de vermeil suspendu au cou de la Vierge.
  5. 1844Il installe une statue de Marie au-dessus de la porte de l'église, car « Marie est la portière du ciel ».
  6. 1854Le 8 décembre, il fête avec solennité la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception : « J'ai toujours pensé qu'il manquait un rayon à l'éclat des vérités catholiques. »

Chaque samedi, il célèbre la messe en l'honneur de la Vierge dans sa chapelle, et il prêche à chaque fête mariale ; ces jours-là, l'église ne désemplit pas. Il distribue images et médailles, et en fait frapper une spécialement, lors d'une épidémie de choléra, pour placer le village sous la protection de Marie conçue sans péché. Aujourd'hui encore, des statues de la Vierge veillent sur bien des maisons d'Ars, et de vieilles familles conservent des images offertes et signées par le saint Curé.

« Nous nous connaissons bien »

Le saint Curé a toujours refusé de s'étendre sur les grâces qu'il avait reçues, laissant seulement entendre : « Avec la Sainte Vierge, nous nous connaissons bien. » Une apparition au moins a pourtant un témoin direct. Le 8 mai 1840, vers une heure de l'après-midi, Étiennette Durié, gravement malade, vient le trouver. Elle assiste à une conversation entre le saint et une dame vêtue de blanc, le front couronné d'étoiles, et y prend part elle-même, demandant à être emportée au ciel. Après la vision :

Étiennette Durié« J'ai cru que c'était la Sainte Vierge. »

Le saint Curé d'Ars« Vous ne vous êtes pas trompée… J'étais trop content de voir ma Mère. »

C'est peut-être à ce jour qu'il pensait lorsqu'il confia, des années plus tard, à un visiteur reçu dans sa chambre : « On n'oserait pas mettre le pied sur tel carreau si l'on savait ce qui s'y est passé. »

Avec l'Eucharistie et sa mission de confesseur, Marie est aussi ce qui le ramène sans cesse à son poste lorsqu'il est tenté de fuir, accablé par le sentiment de son indignité. En 1843, lors de sa fuite à Dardilly, il célèbre la messe au sanctuaire marial de Beaumont et implore la Vierge de l'éclairer. De retour à la sacristie, il dit simplement : « Le bon Dieu ne me veut pas ici… Retournons à Ars. » Et l'on écrira le lendemain : « Monsieur le Curé est content de la Sainte Vierge, qui lui a inspiré de revenir parmi les siens. »

Grâce à Marie, la paroisse d'Ars gardera son curé jusqu'à sa mort, seize ans plus tard, le 4 août 1859.

Saint Jean-Marie Vianney

Curé d'Ars · Patron des curés

SourcesParoles du saint Curé d'Ars (catéchismes et témoignages de ses contemporains : Catherine Lassagne, Jeanne-Marie Chanay, abbé Monnin, abbé Raymond). Benoît XVI, Angélus du 15 août 2009.

Saint Curé d'Ars, priez pour nous.