Les saints

Saint Bernard · À la louange de la Vierge Mère

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La spiritualité· Les saints nous encouragent
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Les saints nous encouragent · Le chantre de la Vierge

Saint Bernard

« En elle, vous trouverez l'humanité pure. »

À la louange de la Vierge MèreAbbé de ClairvauxLecture : 9 min

Le saint

Qui est saint Bernard ?

Abbé et docteur de l'Église, né en Bourgogne, Bernard entre à vingt-deux ans au monastère de Cîteaux avec trente compagnons, puis fonde l'abbaye de Clairvaux, dont il est le premier abbé. Il parcourt l'Europe pour rétablir la paix et l'unité, et devient pour l'Église entière une lumière par ses écrits et ses conseils. On l'a appelé le « chantre de la Vierge Marie ».

  • 22 ansentrée à Cîteaux avec 30 compagnons
  • Clairvauxdont il est le premier abbé
  • 1153il meurt, épuisé, dans son monastère
  • 20 aoûtl'Église fait mémoire de lui

Tu as trouvé grâce

Ah, si tu savais combien ton humilité plaît au Très-Haut, et quelle haute place il te réserve à ses côtés, tu ne te jugerais pas indigne de l'entretien, ni du respect des anges.

Comment pourrais-tu douter que te soit due la faveur des anges, quand tu as trouvé celle de Dieu ? Tu as obtenu ce que tu cherchais, ce que nul avant toi n'a obtenu.

Tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Et quelle grâce !

Saint Bernard

La paix rétablie entre Dieu et les hommes, la destruction de la mort, la restauration de la vie. Telle est la grâce qui t'est accordée…

À la louange de la Vierge Mère · troisième homélie

L'aqueduc de la grâce

Quelle que soit l'offrande que vous vouliez présenter à Dieu, souvenez-vous de la confier à Marie, afin que la grâce remonte à sa source par le même canal qui nous l'a apportée. Certes, Dieu avait le pouvoir, s'il l'avait voulu, de nous infuser la grâce sans passer par cet aqueduc. Mais il a tenu à nous donner ce moyen de l'amener jusqu'à nous.

Vous craignez de vous approcher du Père ? Il vous a donné Jésus pour médiateur. Un tel Fils peut tout obtenir de son Père. Il sera exaucé par égard pour lui-même, car le Père aime son Fils.

Aurez-vous peur de lui aussi ? Il est votre frère et votre chair, il a tout subi, sauf le péché, afin d'apprendre la miséricorde. Ce frère, c'est Marie qui vous l'a donné. Mais peut-être craignez-vous en lui aussi la majesté divine, puisque, tout en se faisant homme, il est resté Dieu.

Vous cherchez encore un avocat auprès de lui ? Recourez à Marie.

Saint Bernard
Toute mon assurance

En elle, vous trouverez l'humanité pure… Je n'hésite pas à dire qu'elle aussi sera exaucée par égard pour elle.

Le Fils écoutera sa Mère et le Père écoutera son Fils.

Mes petits enfants, voici toute mon assurance et la raison de mon espérance…

Sermon de l'aqueduc

Pensez à Marie, invoquez Marie

Dans le péril, l'angoisse, le doute, pensez à Marie, invoquez Marie.

Saint Bernard

Que son nom ne quitte pas vos lèvres ni vos cœurs. Et pour obtenir son intercession, ne vous détournez pas de son exemple.

  • En la suivant, vous ne vous égarerez pas.
  • En la suppliant, vous ne connaîtrez pas le désespoir.
  • En pensant à elle, vous éviterez toute erreur.
  • Si elle vous soutient, vous ne tomberez pas.
  • Si elle vous protège, vous n'aurez rien à craindre.
  • Sous sa conduite, vous ignorerez la fatigue.
  • Grâce à sa faveur, vous atteindrez le but.

À la louange de la Vierge Mère · deuxième homélie

Méditer chaque mot

Dans les textes de ce Père cistercien, on peut goûter la richesse de son commentaire, qui convoque toute l'Écriture pour méditer l'Évangile de l'Annonciation. Son ouvrage À la louange de la Vierge Mère est divisé en quatre homélies, où Bernard commente, phrase à phrase, voire mot à mot, l'Évangile de l'Annonciation.

Saint Bernard s'adresse à l'un de ses frères (ou à lui-même ?) dans la plus grande partie du texte, le prenant comme témoin de son questionnement sur chaque mot. Il prend acte du fait que cette Parole est Parole de Dieu, inspirée, et que chaque mot en a été choisi avec soin par l'évangéliste pour faire passer son message, comme il l'explique en commençant son commentaire de Luc 1, 26-27 :

« Quelle fut l'intention de l'évangéliste en précisant si soigneusement en ce passage tant de noms propres ? Il a voulu que nous n'écoutions pas avec négligence ce qu'il a tenu à raconter avec tant de diligence. Il donne en effet le nom du messager qui est envoyé, du Seigneur par qui il est envoyé, de la vierge à qui il est envoyé, également du fiancé de la vierge ; et il désigne par leurs noms propres la famille, la ville et la province de tous les deux.

Pourquoi ? Va-t-on croire que l'un ou l'autre détail fut indiqué sans raison ? Sûrement pas. Si en effet pas une feuille d'arbre ne tombe à terre sans cause, pas un moineau sans le Père céleste, allons-nous croire qu'une parole superflue ait échappé de la bouche du saint évangéliste, surtout quand il s'agit de l'histoire sacrée de la Parole ?

Nous ne le croyons pas. Tout est rempli de divins mystères, chaque mot déborde d'une douceur céleste, à condition toutefois de trouver quelqu'un pour le scruter soigneusement, pour savoir « tirer le miel de la pierre, l'huile du rocher le plus dur ». »

Ce texte s'inscrit ainsi dans la grande tradition monastique de méditation de la Parole de Dieu, de « rumination » de cette Parole pour en faire sortir le miel. Les nombreux rapprochements avec d'autres passages de l'Écriture, de la Genèse à l'Apocalypse, témoignent de la profonde connaissance que Bernard avait de la Bible, alors même que c'est un écrit de jeunesse, daté d'environ 1125 : Bernard a 35 ans et il est entré à Cîteaux une douzaine d'années plus tôt. Nul doute qu'il a passé du temps à lire et méditer l'Écriture pendant ces douze années !

Si l'usage de l'Écriture est parfois très libre, ce sont la tradition et le respect des commentaires précédents qui préviennent tout risque d'interprétation abusive. Cette méditation est une lecture attentive à chaque mot, à chaque annonce de l'Ancien Testament, aux enseignements des Évangiles et des Épîtres, et enfin à ce qui est préfiguré du Royaume dans tous ces textes. Elle conduit par moments Bernard à des exhortations morales, et dans d'autres pages à des textes de contemplation, de prière et de louange.

Marie, Étoile de la mer

Regarde l'étoile, appelle Marie

Le passage sans doute le plus connu de cette œuvre est l'invitation à regarder Marie, dont le nom signifie « Étoile de la mer ».

Ô qui que tu sois, qui te vois,dans les fluctuations de ce monde,ballotté au milieu des bourrasques et des tempêtesplutôt que marcher sur la terre ferme,ne détourne pas les yeux de l'éclat de cet astresi tu ne veux pas être submergé par les flots.

Si se lèvent les vents des tentations,si tu cours aux écueils des épreuves,

Regarde l'étoile, appelle Marie.

Ta main dans la sienne, pas de chute ;sous sa protection, pas de crainte ;sous sa conduite, pas de fatigue ;avec son appui, tu touches au but.

Et ainsi, en toi-même, tu expérimenterascomme est juste cette parole :

« Et le nom de la Vierge était Marie. »

Difficile de rendre toute la richesse de ce commentaire de saint Bernard. Un aspect frappant de ce texte est que Marie n'est jamais honorée seule : elle est toujours celle qui nous donne le Christ, qui nous conduit à Lui.

Bernard invite à se tourner vers Marie, à contempler sa participation éminente au mystère de l'Incarnation, pour recevoir de l'expérience de Marie un éclairage unique sur le mystère du Christ.

Présentation d'après Anne Robadey

Nos actions de grâces remontent à Dieu par Marie

Il nous faut prendre grand soin que le Verbe qui est venu à nous de la bouche du Père, par l'intermédiaire de la Vierge, ne s'en retourne sans effet, mais que par cette même Vierge nous rendions grâce pour la grâce.

Célébrons sa mémoire tandis que nous soupirons après sa présence, et faisons remonter à leur source les flots de la grâce, afin qu'ils ruissellent plus abondamment encore. Car s'ils ne retournent à leur source, ils tariront, et trouvés infidèles en de moindres grâces, nous ne mériterons pas d'en recevoir de plus grandes.

Tout ce que vous vous préparez à offrir à Dieu, souvenez-vous de le confier à Marie, afin que, pour remonter au Dispensateur de la grâce, la grâce emprunte le lit même par où elle a coulé. Car Dieu, même sans cet aqueduc, n'était pas en peine pour répandre sa grâce selon son bon plaisir, mais il a voulu vous assurer un moyen d'accéder à lui.

Si vous ne voulez essuyer un refus, le peu que vous désirez offrir, ayez soin de le remettre, pour qu'elle l'offre, entre les mains de Marie, très aimables et très dignes d'être accueillies avec faveur.

Saint Bernard

Abbé de Clairvaux · Docteur de l'Église

SourcesSaint Bernard, À la louange de la Vierge Mère (2e et 3e homélies) et sermon de l'aqueduc. Présentation d'après Anne Robadey.