Notre seconde devise · Au fil des Ave Maria
Tu publieras ma gloire
« Je t'ai choisie pour publier ma gloire… Je choisis les petits et les humbles. »
Le contexte
Pellevoisin, 1876
Dans un petit village de l'Indre, la Vierge Marie apparaît à Estelle Faguette, une jeune femme que les médecins disaient perdue. Elle la guérit et lui confie une mission : « publier sa gloire ». Ce mot d'ordre est devenu la seconde devise de la Confrérie Notre-Dame de France. Dans cette lettre, Françoise Fricoteaux s'adresse directement à Marie pour en saisir tout le sens.
- 187615 apparitions à Estelle Faguette
- 32 ansl'âge d'Estelle lors de sa guérison
- 1983guérison reconnue miraculeuse par l'Église
- IndrePellevoisin, diocèse de Bourges
Lettre à la Vierge Marie
Maman chérie,
Avec Vous, pensant à quelques mots qui m'ont surprise à leur relecture, et connaissant le choix qui fut vôtre d'une vie cachée, humble, secrète, perdue en Dieu, je voudrais les mieux comprendre.
Notre double devise
Notre Confrérie possède une double devise : l'une est empruntée à saint Louis-Marie Grignion de Montfort, « À Jésus par Marie » ; l'autre est liée aux apparitions dont vous avez bien voulu faire bénéficier une jeune fille, Estelle Faguette, qui était à l'article de la mort et que vous avez guérie miraculeusement, comme cela a été reconnu. Ceci s'est passé dans un petit village de l'Indre, Pellevoisin, en 1876.
Publier votre gloire
Voilà la mission que vous avez donnée à la jeune Estelle, qui n'avait alors que trente-deux ans et qui devait vivre très âgée ; c'était un mot d'ordre, un commandement sans appel, une obligation dont elle s'acquitta et qui devait remplir sa vie.
La gloire, pour nous, s'accompagne du faste, du luxe, de la magnificence : la pauvreté fut votre lot, de la crèche de Bethléem à la vie humble de la petite maison de Nazareth, jusqu'à vos derniers jours près de Jean, entre les murs de votre refuge d'Éphèse. Le désir de la renommée et des honneurs fut toujours très loin de vous.
Ma Mère et mes frères sont ceux qui font la volonté de mon Père.
Jésus
Jésus lui-même, alors qu'il était ce prophète réputé, assailli par les foules, ne répondit-il pas ainsi à votre demande de le rencontrer ? Ne vous a-t-il pas, à ce moment, écartée de sa route que frôlait la gloire terrestre ?
Mais, nous le savons bien, cette sorte de poursuite aurait été à l'opposé de votre attitude intérieure. Vous avez, et depuis toujours, opté pour une recherche de richesse intérieure incompatible avec la soif de gloire.
Toute miséricordieuse
Cependant, à Pellevoisin, vous allez au-delà de la simple exaltation de vos mérites ; vous dites :
Je suis toute miséricordieuse et maîtresse de mon Fils.
La Vierge Marie à Pellevoisin
Vous affirmez ainsi sans restriction votre pouvoir sur le cœur, la volonté de votre Fils :
Mon Fils se laissera toucher…
Mon Fils ne sait rien me refuser.
C'est bien Lui qui permettra le miracle, mais celui-ci est obtenu par votre intercession. La guérison d'Estelle devrait-elle être à l'origine d'une action médiatique ? À cette dernière, inquiète car consciente de ses limites, vous affirmez :
« Où tu es, tu peux faire beaucoup de bien et tu peux publier ma gloire…
Je t'ai choisie pour publier ma gloire et répandre cette dévotion… Je choisis les petits et les humbles. »
« Cette dévotion » : le port du scapulaire.Pardonnez-moi ces phrases qui sont comme déplacées et outrageantes quand on sait l'étendue de votre tendresse, l'amour sans limites de Jésus à votre égard.
Au pied de la Croix
Il faut revenir au pied de la Croix. Jésus est là, seul avec vous et Jean. La populace hurlante l'entoure mais ne fait pas partie de votre cercle, où le divin est à l'œuvre. Il endure l'épouvantable douleur d'une mort ignominieuse. Dans sa prière au Père, il lui a demandé « de le glorifier pour que lui-même le glorifie ». Dans son Amour et dans la volonté d'obéissance à son Père, votre Fils, le Fils bien-aimé du Père, en qui celui-ci « a mis toutes ses complaisances », lutte pour sauver les hommes en glorifiant le Père.
Vous êtes à ses côtés, tout à fait silencieuse, labourée comme lui par la souffrance, glorifiant le Père dans l'intensité de votre foi sans faille. Vous n'êtes plus qu'un, Vous et Lui, un même brasier d'amour. Le glaive qui perce son cœur transperce votre âme. Cette dernière place près du condamné, vous la revendiquiez comme vous revenant de droit. Encore quelques jours et Jésus pénétrera dans son Ciel de Gloire ; encore quelques années et, dans la paix de votre Dormition, vous irez le retrouver dans la béatitude sans fin des bienheureux.
En disant votre Magnificat, vous chantiez déjà :
Le Seigneur fit pour moi des merveilles… Tous les âges me diront bienheureuse.
Le Magnificat
N'est-il pas écrit dans le livre de l'Apocalypse, et l'on peut penser que cela vous concerne :
Un signe grandiose apparut dans le ciel : une femme. Le soleil l'enveloppe, la lune est sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête.
Apocalypse 12, 1
« Publier votre Gloire »
- C'est annoncer la victoire définitive, sur les forces du mal, de la vérité, de la beauté, de la bonté.
- C'est vous couronner comme Reine de l'Univers.
- C'est vous reconnaître comme « l'aqueduc » des grâces, le puissant intercesseur.
Tout cela fut gagné au long de votre vie terrestre, depuis le fiat de Nazareth jusqu'à celui du Calvaire, par vos mérites puisés dans le cœur de Dieu. Vous nous montrez la route à suivre pour que, nous aussi, nous atteignions la gloire du Ciel, pour que, nous aussi, nous connaissions la béatitude éternelle.
Votre Gloire, c'est…
… celle de votre Fils.
… d'adhérer à la volonté de la Très Sainte Trinité.
… ce sont vos enfants parvenus à la sainteté et que vous avez accueillis dans la Patrie céleste.
… de conduire les âmes encore en pèlerinage sur la terre auprès du Rédempteur.
Les petits et les humbles
Vous nous demandez de collaborer, et vos conseils sont ceux prodigués à Pellevoisin :
- Accorder nos paroles et nos actesMettre nos paroles en conformité avec nos actes.
- Être simpleLa simplicité nous conduira à l'unité de nous-mêmes.
- Être calmeLe calme nous conduira à la contemplation du divin.
Vous dirigez notre regard vers ce Ciel qui est en nous, si proche et si lointain, et que nous comprenons si mal.
Vous avez lu la lettre qu'Estelle Faguette déposa dans la grotte, réplique à Pellevoisin de celle de Lourdes, pour que vous en preniez connaissance. Bien souvent, les pèlerins de passage renouvellent ce geste et vous écrivent quelques mots. Vous les lisez tous, et surtout dans les cœurs.
Nous faisons partie des petits que vous affectionnez. Ayez la bonté de nous accepter.
Françoise Fricoteaux
Que ce petit message que nous vous adressons aujourd'hui traduise notre volonté de « publier votre gloire », et qu'il vous dise tout notre amour.
Ave Maria
Françoise Fricoteaux
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