
Premier mystère douloureux
L’Agonie de Jésus à Gethsémani
« Mon âme est triste à en mourir. Restez ici et veillez avec moi. »
Matthieu 26, 38Après le dernier repas, Jésus se rend avec ses disciples au jardin de Gethsémani, au mont des Oliviers. Saisi d’angoisse, il s’éloigne un peu et prie : « Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe ; cependant, que soit faite non pas ma volonté, mais la tienne. » Sa sueur devient comme des gouttes de sang. Ses disciples, eux, se sont endormis. Puis Judas arrive avec une troupe, et Jésus se laisse arrêter.
Méditation
« Veillez et priez », disait le Christ à ses apôtres. Nous aussi, nous sommes là avec lui pour veiller et prier.
Nous sommes face au visage du Christ, tel que le montre le linceul de Turin. Comment, en voyant de telles plaies, ne pas penser aux terribles souffrances morales endurées par le Sauveur au jardin des Oliviers : un immense dégoût devant tous les crimes dont il est chargé ; une immense crainte à la pensée des supplices qu’il va endurer ; une immense tristesse à la vue de tant d’âmes qui refuseront le salut. Mais une admirable prière s’échappe de ses lèvres : « Père, non pas ma volonté, mais la tienne ! »
Prière
Seigneur Dieu, pour restaurer la nature humaine déchue par le piège du démon, tu as associé à la Passion de ton Fils la compassion de sa Mère ; accorde à tes fils de quitter tout vieillissement dû au péché, et de recevoir la vie nouvelle obtenue par la rédemption du Christ.
Question pour ma vie
Dans ma marche vers Dieu, est-ce que je ne m’arrête pas souvent à cause du dégoût, de la crainte, de la tristesse ? Saurai-je, en contemplant le Christ et sa Mère, prononcer mon « oui » et remettre tout entre les mains du Père ?
Chant à Marie
Cruelle souffrance !
Jésus délaissé
Tombe en défaillance ;
Son cœur est brisé.
Refrain : Ave, Ave, Ave Maria ! — sur l’air de l’Ave Maria de Lourdes
Pour nourrir notre prièreTextes de l’Écriture et des auteurs spirituels
Jésus souffre dans sa Passion les tourments que lui font les hommes ; mais dans l’agonie, il souffre les tourments qu’il se donne à lui-même. C’est un supplice d’une main non humaine, mais toute-puissante, car il faut être tout-puissant pour le soutenir.
Jésus cherche quelque consolation au moins dans ses trois plus chers amis, et ils dorment (…). Il souffre cette peine et cet abandon dans l’horreur de la nuit.
Je crois que Jésus ne s’est jamais plaint que cette seule fois ; mais alors il se plaint comme s’il n’eût plus pu contenir sa douleur excessive : « Mon âme est triste jusqu’à la mort. »
Jésus cherche de la compagnie et du soulagement de la part des hommes. Cela est unique en toute sa vie, ce me semble. Mais il n’en reçoit point, car ses disciples dorment.
Jésus sera en agonie jusqu’à la fin du monde : il ne faut pas dormir pendant ce temps-là (…).
Jésus prie dans l’incertitude de la volonté du Père, et craint la mort ; mais, l’ayant connue, il va au-devant s’offrir à elle. Jésus a prié les hommes, et n’en a pas été exaucé. Jésus, pendant que ses disciples dormaient, a opéré leur salut (…). Jésus, voyant tous ses amis endormis et tous ses ennemis vigilants, se remet tout entier à son Père…
Jésus étant dans l’agonie et dans les plus grandes peines, prions plus longtemps. Nous implorons la miséricorde de Dieu, non afin qu’il nous laisse en paix dans nos vices, mais afin qu’il nous en délivre (…).
« Console-toi, tu ne me chercherais pas, si tu ne m’avais trouvé. Je pensais à toi dans mon agonie, j’ai versé telles gouttes de sang pour toi. »
Blaise Pascal





