
Premier mystère lumineux
Le Baptême de Jésus dans le Jourdain
« Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie. »
Matthieu 3, 17Au bord du Jourdain, Jean le Baptiste baptise ceux qui veulent se convertir. Jésus vient à lui et, malgré la résistance de Jean, demande à être baptisé, comme un pécheur parmi les autres. Au sortir de l’eau, les cieux s’ouvrent, l’Esprit de Dieu descend sur lui comme une colombe, et une voix venue du ciel déclare : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. » Jésus commence alors sa vie publique.
Méditation
Cet instant est bouleversant : Jésus, le Fils de Dieu, se fait le plus petit, le plus humble, le dernier. Il s’est fait pauvre pour que nous soyons riches de la vie divine. Et nous-mêmes, si nous voulons que le Christ opère en nous les merveilles de sa grâce, nous devons avoir un cœur aussi pauvre et humble que nous le pouvons. Une lumière est déposée entre nos mains lors de notre baptême, pour que sa flamme éclaire toute notre vie et celle de nos frères.
Prière
Seigneur, toi qui nous as montré la force divine qui émanait des eaux du baptême, donne-nous de percevoir combien, par notre baptême qui nous a rendus enfants de Dieu, nous pouvons vivre de la vie de la Sainte Trinité et porter les fruits que cette vie fait naître en nous !
Question pour ma vie
Par notre seul baptême, nous sommes envoyés en mission : Jésus-Christ a inauguré sa vie publique par le baptême. Suis-je conscient de cet appel de l’Esprit Saint en moi, qui m’envoie vers les autres et m’inspire les paroles à leur dire ? Ai-je remis suffisamment mon âme entre les mains de Dieu pour recevoir la force et l’audace qu’il saura me transmettre ?
Chant
Plongé dans l’eau,
Sacré Fils de Dieu,
Un monde nouveau
Naît du haut des cieux.
Pour nourrir notre prièreTextes de l’Écriture et des auteurs spirituels
Mais comment saint Jean pouvait-il plus s’abaisser que de dire qu’il n’était qu’une voix ? Car la voix n’est qu’une fumée, qu’une exhalaison qui s’en va en l’air mener quelque peu de bruit et qui disparaît. Vous croyez que je suis le Messie, et moi je proteste que je ne suis pas même homme, moins qu’homme, car je ne suis qu’une simple voix. Si vous allez dans ce désert, vous trouverez des échos parmi les rochers ; si vous parlez, ils vous répondront ! Or lequel d’entre vous estime l’écho un homme parce qu’il lui répond ? Cela ne s’est jamais vu ! Eh bien ! c’est ce que je suis, et pas davantage !
Jean fut son Précurseur et annonça sa venue au monde. C’est lui qui le baptisa, lui qui vit « descendre le Saint-Esprit en forme de colombe » et qui entendit la voix du Père disant : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, auquel je prends tout mon plaisir » (cf. Mt 3, 16-17). C’est lui qui le montra du doigt, prononçant ces paroles : « Voici l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » (Jn 1, 29). Voyez comme il connaissait bien notre Seigneur ; il n’y a point de doute qu’il ne chancela jamais en rien de la croyance et assurance qu’il avait de sa venue.
Je ne suis que « la voix de celui qui crie dans le désert » (Jn 1, 23), c’est-à-dire : je ne suis pas celui qui crie, mais seulement la voix de celui qui crie. Ce n’était pas saint Jean qui criait, mais Notre-Seigneur par la bouche de saint Jean.
Saint François de Sales
Tandis qu’au Jourdain se manifestait le Fils de l’homme, sa tête s’inclinait dans l’humilité la plus profonde. Là tu vins, plénitude débordante de toute pureté, sous la forme lumineuse d’une blanche colombe (cf. Mt 3, 16).
Mais pourquoi avait-il donc choisi l’agneau pour être son symbole par excellence ? Pourquoi se montrait-il encore sous cette apparence sur le trône éternel de la gloire ? Parce qu’il était innocent comme un agneau et humble comme un agneau, et parce qu’il était venu pour se laisser conduire à l’abattoir comme un agneau (Is 53, 7).
Il a pris sur lui, dans son Incarnation, tout le fardeau du péché des hommes ; son amour miséricordieux les a pris et enfouis dans son âme lors du « Voici, je viens » (He 10, 7) par lequel il commença sa vie terrestre. Il l’a renouvelé de façon expresse lors de son baptême.
Tandis que le voyant de Patmos (cf. Ap 1, 9) contemplait la vision de l’Agneau, un souvenir demeurait encore bien vivant en lui : celui du jour inoubliable où, au bord du Jourdain, Jean le Baptiste avait désigné Jésus comme « l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » (Jn 1, 29).
Sainte Édith Stein





