La spiritualité

Pourquoi prier ? · Edmond Fricoteaux

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La spiritualité· Au fil des Ave Maria
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Au fil des Ave Maria · Edmond Fricoteaux

Pourquoi prier ?

« Une âme prie, une âme reçoit aussitôt ! »

Lettre à la Vierge MarieÀ tous les priantsLecture : 6 min

L'auteur

Qui est Edmond Fricoteaux ?

Fondateur de la Confrérie Notre-Dame de France, Edmond Fricoteaux a écrit, au fil des années, des « Ave Maria » : des lettres adressées directement à la Vierge Marie, qu'il appelle simplement « Maman ». Parues dans le journal de la Confrérie, elles disent avec des mots d'enfant l'amour, la confiance et l'élan missionnaire qui animent la Confrérie.

  • Mamanc'est ainsi qu'il s'adresse à Marie
  • 20lettres « Au fil des Ave Maria »
  • Le journalde la Confrérie, où elles ont paru
  • Ave Mariasa signature, au bas de chaque lettre

Lettre à la Vierge Marie

Maman !

J'aimerais, un jour, tenir une assemblée de « tous les priants », pour leur dire le bien extraordinaire qu'ils font et l'amour immodéré que Jésus et vous avez pour eux.

De tous les travaux qu'ils auront conduits, de tous les devoirs qu'ils auront accomplis, de tout le temps qu'ils auront passé sur la terre, ces moments de prière leur vaudront « un ciel de grâces » dans une apothéose éternelle.

Vous avez compris, ô notre Reine qui êtes possédée par l'Amour, que, ce soir, je voulais échanger avec vous sur votre humble et douce, votre magnifique et puissante, votre essentielle et déterminante armée, qui :

  • sauve
  • répare
  • console
  • guérit
  • obtient
  • libère

… tant d'âmes et de corps en difficulté dans ce monde. Oui, Maman, je souhaite avec vous mettre à l'honneur tous vos priants.

La monnaie du Ciel

La prière est une sorte de chèque ou de monnaie que Dieu a mis à notre disposition pour « atténuer » la liberté de nos frères qui se complaisent dans le refus ou l'impasse du péché. La prière achète ou rachète tout.

Votre fils privilégié, le Padre Pio, le savait bien. À une mère éplorée qui lui demandait la guérison de son fils mourant, il répondit :

Je n'ai plus de monnaie !

Padre Pio

C'est-à-dire : « Toutes mes prières, tous mes mérites, tous mes sacrifices ont été utilisés ; je n'ai plus rien à offrir à Dieu. Ma cassette est vide. »

Vous, Maman, qui êtes pleine de grâces et trésorière de tous les mérites de Jésus, fruits de son indicible sacrifice, il vous faut, pour les distribuer en abondance, une prière venue de la terre, offerte par l'une de vos âmes chéries. Qu'importe l'offrant ? Qu'importe son lieu de résidence !

Une âme prie, une âme reçoit aussitôt !

Un « Je vous salue Marie » venu de quelque part

Georges Brassens a magnifiquement traduit cet aller-retour dans sa chanson « La prière » : d'abord, un petit garçon va mourir près de sa mère ; puis, plus tard, la mère apprend que son fils est guéri. Entre les deux moments, de quelque part dans le monde, est venu un « Je vous salue Marie ».

C'est aussi dans l'abondance de sa foi et de ses prières que sainte Monique a sauvé son fils Augustin de ses mauvais penchants et, au-delà de ses espérances, a obtenu du Ciel qu'il devienne l'un des plus grands théologiens de l'Église.

Très Sainte Mère, pour convertir le monde, il faudrait une montagne de prières. Mais je crois en votre intercession, surtout si ces prières accompagnent votre Visitation dans le monde, où, pèlerine parmi tous vos enfants de la terre, vous touchez les cœurs des souffrants et même des rebelles, les délivrant des tentations du Malin et les unissant aussitôt à votre Fils Jésus, car c'est là votre forte inclination.

Déposez tout dans son Cœur

Oui, chers priants, déposez, à temps et à contretemps, sans mesure mais en démesure, dans son Cœur Immaculé, sur ses mains virginales, sous ses yeux de pureté, vos prières, pensées, actions, sacrifices, souffrances et offrandes.

La Mère incomparable leur donnera une beauté et un éclat admirables avant de les offrir à Jésus. Par cette pratique, quittez vos propres intentions et perdez-vous dans celles de la Très Sainte Vierge, même si elles vous sont inconnues : l'infirmière céleste sait où doivent aller les premiers, ou les plus urgents, secours.

Bien chers priants, lorsque vous offrez ainsi à Marie, Marie, à votre place, offre à Dieu. Saint Louis-Marie Grignion de Montfort n'a-t-il pas écrit :

« Vous ne louez ni n'honorez jamais Marie, que Marie, avec vous, ne loue et n'honore Dieu. Marie est toute relative à Dieu. Elle est l'écho de Dieu, qui ne dit et ne répète que Dieu. Si vous dites Marie, elle dit Dieu. »

Une décoration posée sur le cœur

Mère bénie, il vous appartient de conclure cet Ave Maria. Ce sera pour chacun, au plus intime de son cœur, avec une infinie délicatesse, le dépôt d'une joie profonde et d'un brûlant amour.

À qui vous donne un œuf, vous rendez vite un bœuf.

Oui, être de vos priants et de vos offrants est un signe hautement distinctif, un apanage réservé à une élite, une décoration que vous posez sur le cœur, un fleurissement de l'âme, un parfum qui exalte l'esprit.

Vous donnez tout cela de longue date, je le sais ! C'est « entendu avec votre Fils ». Il a fait la Rédemption du monde ; il vous a confié, aidée de votre armée d'humbles, de pauvres et de petits, le soin de le sauver par l'écrasement de la tête du serpent. Il me semble vous entendre leur dire :

Ce que Marie dit à ses priants

« N'ayez pas peur. L'heure est mienne. »

Il faut maintenant recouvrir la France, l'Europe et le monde de mon manteau ;la prière de chacun en sera un élégant morceau,patchwork cousu et embelli par tous les fils d'orque tissent inlassablement vos Ave et les souffrances offertes.

Mais priez, mes enfants. Dieu vous exaucera en peu de temps. Mon Fils se laisse toucher.

Ces derniers mots sont ceux de Notre-Dame à Pontmain, en 1871.

Maman, tous vous aiment, et vous le leur rendez bien. Moi aussi, je vous aime.

Ave Maria

Edmond Fricoteaux

SourceEdmond Fricoteaux, fondateur de la Confrérie Notre-Dame de France, « Au fil des Ave Maria ». Lettre parue dans le journal de la Confrérie.

Notre-Dame de France, priez pour nous.