Au fil des Ave Maria
De vie à Vie éternelle
« Oui, Seigneur, tu sais bien que je t'aime. »
L'auteur
Qui est Edmond Fricoteaux ?
Fondateur de la Confrérie Notre-Dame de France, Edmond Fricoteaux a écrit, au fil des années, des « Ave Maria » : des lettres adressées directement à la Vierge Marie, qu'il appelle simplement « Maman ». Parues dans le journal de la Confrérie, elles disent avec des mots d'enfant l'amour, la confiance et l'élan missionnaire qui animent la Confrérie.
- Mamanc'est ainsi qu'il s'adresse à Marie
- 20lettres « Au fil des Ave Maria »
- Le journalde la Confrérie, où elles ont paru
- Ave Mariasa signature, au bas de chaque lettre
Lettre à la Vierge Marie
Maman,
Quand mon cœur cessera de battre,
quand mes yeux se fermeront,
quand mes sens abandonneront mon corps, que je ne goûterai plus, que je ne sentirai plus, que je ne toucherai plus, que je n'entendrai plus, que je ne verrai plus…
Que se passera-t-il ? Où serez-vous, Maman ?
Le dernier moment de grâce
Dans mon esprit, ma conscience ou mon subconscient, si je cède soudainement à la douleur, à la torpeur, au coma ou à l'extinction subite de mes facultés, y aura-t-il un dernier moment de grâce exquise, de miséricorde infinie, où une voix douce et superbe, dans une intense lumière, au cœur d'un instant de délices, me dira, comme à Pierre :
« M'aimes-tu ? »
Aurai-je alors, malgré la montagne de mes fautes, l'océan de mes manquements, fuites, petitesses et non-valeur ;
aurai-je alors, malgré la monstruosité de mon péché, commis par pensée, parole, action ou omission, aveuglé que j'étais par tous les désirs terrestres ;
aurai-je, Maman, le secours de tous les anges et saints du Ciel, de mon père, de ma mère, de mes frères et sœur et de nombreux parents et amis déjà montés ;
aurai-je, Maman, près de mon chevet, l'extraordinaire douceur de votre regard, l'éclatante lumière de votre sourire, la sublimité de vos yeux bleus, la caresse de votre main,
qui ensemble, sans hésitation, sans temps de réflexion, sans incertitude aucune, mais avec une joie-passion, me feront répondre :
La réponse de toute une vie
« Oui, Seigneur, je t'aime ! Oui, Seigneur, tu sais bien que je t'aime ! »
D'après la question de Jésus ressuscité à Pierre, au bord du lac de Tibériade (Jean 21, 15-17).
Priez pour moi à l'heure de ma mort
Oh ! Maman, Reine clémente et miséricordieuse, consolatrice des affligés et… des pécheurs,
priez pour moi, priez pour moi au moment de ma mort, pour que, coupable au plus haut degré, « vierge folle » dans tous les instants de ma vie, aveugle à tous vos signes, sourd à tous vos appels, paresseux devant toutes vos invitations, muet dans l'annonce de l'Évangile et désobéissant à votre « Faites tout ce qu'il vous dira », je sois, nous soyons tous sauvés !
Et puisqu'il en est temps encore, puisque nous avons quelques moments, voire peut-être beaucoup, beaucoup plus longtemps :
Faites, faites, Maman, qu'avant le grand passage nous devenions de meilleurs enfants, pour mériter le dernier discernement, si important, si important !
Les saints du quotidien
J'ai eu le désir de vous écrire cet « Ave Maria » en assistant à de récentes obsèques, au cours desquelles furent chantées quelques strophes du chant « Ils sont nombreux les bienheureux ». Ses paroles m'ont paru en grande harmonie avec la vie féconde de celle qui venait de « naître » à la vie éternelle.
Ce chant célèbre les saints cachés : les humbles dont personne n'a jamais parlé, les bienheureux du quotidien qui, sans cesse et de leur mieux, ont aimé leurs frères autant que leur Dieu.
Mère, porte des béatitudes, acceptez, je vous en prie, que, par privilège, nous devenions tous dignes de ce chant. Et que, par privilège encore plus grand, puisque nous sommes sûrement beaucoup moins méritants qu'eux, à l'heure de notre mort, au dernier instant, vous soyez près de nous pour donner la sublime réponse à l'ultime question :
« M'aimes-tu ? »
« Oui, Seigneur, tu sais bien que je t'aime. »
Alors, déjà habillés pour le festin des noces ou désireux de nous en revêtir, nous connaîtrons, avec ou sans atermoiement, le ravissement et la délectation éternels, ensemble, bienheureux dès les premiers temps et bienheureux du dernier instant.
Aussi, Maman, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort.
Ave Maria
Edmond Fricoteaux
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Au fil des Ave Maria
Notre-Dame de France, priez pour nous.
