Au début du XXe siècle vivait à La Courneuve, en Seine Saint Denis, un saint prêtre qui s’appelait le Père Lamy. Très semblable au curé d’Ars, il était d’une grande humilité et il était courant qu’il « reçoive » la visite de la Très Sainte Vierge Marie. Un jour, Celle-ci lui demanda de créer un congrégation à qui il donnerait le nom de « Congrégation des Serviteurs de Jésus et Marie »

Un chrétien laïque très attaché au Père Lamy et qui, souvent, se recueillait sur la tombe, lui demanda dans sa prière, tout d’abord de faire naître en lui un Amour immodéré de la Sainte Vierge, puis, cet Amour étant né, de lui inspirer une ou des actions qui le rendrait digne d’être, à titre laïque un serviteur de Jésus et de Marie. Il voulait en quelque sorte faire un « cadeau à la Vierge Marie, sa « nouvelle Bien-Aimée »

C’est ainsi qu’en 1985, il eut l’idée de faire ériger une statue monumentale de la Très Sainte Vierge, en bordure d’un grand axe routier.

Ce chrétien entra successivement en rapport, avec le maire de la commune où il avait géographiquement situé l’installation de Notre Dame, puis avec le supérieur général des Serviteurs de Jésus et de Marie, le Père Stoecklin, et enfin l’Abbé Laurentin, connu pour ses nombreux écrits sur la Sainte Vierge et les apparitions de Celle-ci dans le monde.

Le premier déclara être extrêmement favorable au projet. Le second, pouvoir soutenir cette idée dès lors que l‘Evêque du Diocèse où se trouverait le lieu choisi donnerait son accord, et le troisième précisa que pour une telle oeuvre, il vaudrait mieux ériger la statue d’une Vierge à l’enfant plutôt qu’une statue de Vierge seule.

Notre chrétien promoteur du projet, craignit à l’énoncé de cette réserve, que la présence de l’Enfant ne permette à la Vierge, qu’il avait déjà imaginée, d’être couronnée de ses douze étoiles; la tête de l’Enfant Jésus ne risquait-elle pas ou de gêner la mise en place de celles-ci ou d’en cacher quelques-unes ? Le Père Laurentin désigna alors l’un de ses amis qui disait-il, était un spécialiste des « douze étoiles ».

L’inventeur du projet téléphona immédiatement à ce spécialiste nommé Monsieur Antoine Legrand; interrogé, ce dernier s’étonna vivement des paroles du Père Laurentin ; il ne comprenait rien à cette histoire d’étoiles, expert qu’il était, et ce depuis 50 ans du Linceul de Turin! ….Cependant, piqué de curiosité, il s’informa des raisons qui motivaient cet appel.

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Ayant écouté le récit (que vous venez de lire), sans un instant l’interrompre il déclara : « la statue existe ». Son interlocuteur, sur l’instant, ne comprit pas le sens de son affirmation et lui précisa que ce n’était pas le cas; il avait l’intention de la faire sculpter par un artiste français ou italien. Antoine Legrand répliqua que cela n’était nécessaire et confirma, avec une certaine autorité dans la voix, que la statue à ériger « existait »; il précisa immédiatement:

  • Qu’il s’agissait d’une statue appelée « Notre Dame de France » œuvre du sculpteur Roger de Villiers.
  • Qu’elle surplombait le pavillon pontifical, lors de l’exposition universelle de 1937.
  • Que les autres pavillons des Nations ayant été démolis, le Pavillon pontifical avait pu être conservé sous le nom de « pavillon marial » durant une année supplémentaire.
  • Qu’au cours de la cérémonie ayant précédé la démolition du Pavillon marial, en novembre 1938, l’Archevêque de Paris, son Éminence le Cardinal Verdier, avait émis le vœu que l’on érige la « statue lumineuse » sur une colline proche de Paris.
  • Qu’une souscription nationale avait été immédiatement lancée pour ce faire, que le projet s’était trouvé sans suite avec l’arrivée de la guerre de 1939, et que depuis la statue avait disparu.
  • Mais que l’on devrait bien la retrouver si l’on s’en donnait la peine.

Notre chrétien, malgré la beauté de cette histoire, répondit à Monsieur Legrand qu’hélas, il était plus que probable que « Notre Dame de France » ne « fasse pas l’affaire » car il voulait absolument une Vierge à l’Enfant et, qui plus est, très grande.

Il lui fut répliqué que la statue de Notre Dame de France était non seulement une Vierge à l’Enfant, mais que, particularité très forte, cette Vierge offrait son enfant au monde en le présentant vers le haut, bras tendus sur le monde; quant  à la taille, il interrogea son interlocuteur sur la dimension envisagée; celui-ci, gêné de devoir couper court à ce joli récit, lui répondit qu’il fallait, eu égard à la distance de l’emplacement où elle serait érigée, une statue de 7 mètres.

Antoine Legrand répondit en riant que c’était très précisément la grandeur de la statue.

Dès lors, la recherche fut active, elle débuta dans les bâtiments des chantiers du Cardinal et se poursuivit auprès de l’association des Artistes chrétiens. Puis, après vingt appels téléphoniques, ne laissant apparaître aucune trace de cette statue en apparence définitivement perdue, la petite-fille du grand physicien Edouard Branly, fille de l’architecte Tournon, lui-même auteur des plans et responsable de la construction du Pavillon Pontifical devenu Pavillon Marial, déclara savoir où la trouver; elle gisait, depuis quatre ans en pièces détachées, dans les sous-sols d’une école publique de la vile d’Amiens dans la Somme.

Cette statue, ayant manqué son érection de 1938, avait finalement été placée au sommet de la tour jouxtant une église de la ville d’Amiens, elle-même reconstruite par son père l’architecte Tournon avec des dommages de guerre et selon les plans de l’ancien pavillon pontifical. (Eglise saint Honoré)

En avril 1982, (donc très peu de temps avant que notre chrétien ait été inspiré par le Père Lamy pour que soit érigée une grande statue à la gloire de la Très Sainte Vierge), un photographe, qui regardait la statue avec son téléobjectif, avait décelé des fissures et des affaissements qui révélaient à court terme, un fort danger d’effondrement ou de chute. Il prévint le curé responsable de l’église; celui-ci fit appeler sur l’instant le maire et, dès le lendemain, avec une grande grue venue spécialement pour elle, la statue de Notre Dame de France était déposée, « descendue du ciel », comme l’expliquait dans son article à « la une » un important quotidien régional, le Courrier Picard du 22 avril 1982. Le devis des travaux de réparation rendit impossible tout projet de réinstallation.

Sur la demande qu’en fit l’Evêque du lieu, le conseil municipal d’Amiens délibéra, acquiesçant  au transfert de la statue pour qu’elle reçoive l’affectation, objet du voeu du Cardinal Archevêque de Paris.

Il y eut encore un grand nombre de péripéties aussi étonnantes qu’extraordinaires !

La Plaine de France, sur le bord de la route nationale numéro 1, à Baillet-en France, premier village depuis Paris à porter le doux complément « en France », où les cultures aux tons variés forment une immense palette de peinture a accueilli la Vierge monumentale de Notre-Dame de France; sa statue sur son piédestal de vingt-cinq mètres a jailli au coeur des frondaisons d’un petit bois lui faisant un coussin de verdure, au carrefour de très nombreuses et importantes voies de communication.

Le 15 octobre 1988, sous un ciel d’une rare luminosité, le Cardinal Lustiger accompagné de sept évêques dont Monseigneur Antonetti, nonce apostolique et Monseigneur Rousset, évêque du diocèse de Pontoise, en présence de 52 000 fidèles venus de tous les coins de l’hexagone, au cours d’une splendide journée dont chacun garde le merveilleux souvenir, présidait la cérémonie solennelle de bénédiction.

Ce fut l’une des manifestations mariales les plus importantes de cette fin de siècle.

La bénediction de Notre Dame de France attira 52 000 personnes à Baillet en France pour une journée de prière et de joie, sous un soleil printanier. Une procession partit du Sacré Coeur de Montmartre derrière une statue de la Vierge Marie. La nationale 1 avait été exceptionnellement fermée pour cette occasion. A cause de l’enthousiasme de la foule, le Cardinal Lustiger mit vingt minutes pour arriver jusqu’à l’estrade !

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La journée se conclut par une illumination de la statue, un feu d’artifice et une veillée de prière. Plus de 3000 lettres de remerciement arriveront dans les jours suivants. La Confrérie est née de cet événement qui a rassemblé autour de Marie des personnes de tous mouvements d’Eglise.

Ainsi très précisément 50 années ( 1938-1988 durée d’un jubilée) après avoir été prononcé, le voeu de Monseigneur l’Archevêque de Paris, le Cardinal Verdier s’était réalisé.

Cette érection coïncida en outre avec l’Année dédiée à Marie par sa Sainteté le Pape Jean Paul II et la célébration du 350 ième anniversaire du voeu de Louis XIII confiant la France à Notre Dame et la faisant Reine de France.

Elle était l’aboutissement des prières d’un très grand nombre et le résultat des offrandes de 25 000 souscriptions dont les bulletins reposent aujourd’hui dans le socle de béton pesant 180 tonnes qui fut coulé pour soutenir l’édifice et la Vierge « portant haut l’Enfant bras ouverts sur le monde »

L’érection de Notre Dame de France et la cérémonie présidée par son Eminence le Cardinal Lustiger correspondirent à une explosion de joie et d’Amour consacrant sûrement « Le retour de la France et des Français à Marie » début de la réponse aux interrogations que nous fit au Bourget le Pape Jean Paul II en 1981 : « Oui Saint Père, nous nous souvenons des promesses de notre Baptême et nous voulons, comme par le passé, avec notre Mère, la Très Sainte Vierge Marie, Reine de France, porter l’évangile du Christ dans le monde entier ».

Et, depuis, pour concrétiser ce retour et ce solennel engagement, sur une initiation née d’une ardente prière au pied de Notre Dame à Baillet en France et de l’adoration devant le Saint Sacrement en la basilique de Lisieux, il y eut et il y a le grand mouvement de « Vierges pèlerines », visitation d’amour entreprise par Marie.

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