88: Vosges : ND de Bermont

Tags:

Dessin représentant Sainte Jeanne d'Arc dans l'église de Bermont

Histoire de Jeanne d'Arc

  La Chapelle de Bermont où sainte Jeanne d’Arc se rendait « presque chaque samedi », pour « prier » et y « porter des cierges », s’élève solitaire, sur un petit plateau boisé, à trois kilomètres au nord de Domremy, sur la commune de Greux, à quelques lieues de Vaucouleurs

Les visites de Jeanne d’Arc à Notre-Dame de Bermont.

  A chapelle dédiée à Notre-Dame de Bermont (voir Maria, t. IV, p. 361), située à 3 kilomètres au nord de Domremy, sur le territoire de Greux, est célèbre en raison de la piété mariale dont Sainte Jeanne d’Arc y a donné les plus vives manifestations.

C’est, en effet, une incontestable vérité historique que Jeanne éprouvait, pour la chapelle de Bermont, une prédilection toute particulière, un attrait invincible.

Pendant toute sa jeunesse et jusqu’à son départ pour Vaucouleurs, elle s’y rendait souvent, et particulièrement chaque samedi, pour prier la Madone dont la statue existe encore aujourd’hui.

En 1430, alors que Jeanne était encore détenue dans les prisons de Rouen, une enquête fut faite Domremy à son sujet, par ordre du roi d’Angleterre. Nicolas Bailly, commis, comme tabellion, par le seigneur Jean de Tournay, chevalier, bailli de Chaumont, pour faire cette enquête, pouvait déjà l’affirmer : « De cette information, dit-il au procès de réhabilitation, il résulta la preuve, recueillie par nous, auprès de beaucoup d’habitants de Domremy, que Jeanne était de bonne vie et mœurs, bonne catholique, fréquentant l’église, allant en pèlerinage à Notre-Dame de Bermont et se confessant pour ainsi dire tous les mois. »

Douze témoins, choisis parmi les plus honorables familles de Domremy et de Greux, l’ont attesté au même procès, et tandis que les témoignages sur les visites de Jeanne à l’arbre des « Dames » et à la fontaine qui l’avoisine sont parfois en désaccord, c’est l’unanimité complète lorsqu’il s’agit d’affirmer ses pèlerinages à Bermont.

Voici l’un de ses parrains, Jean Morel, de Greux : « Je sais qu’elle aimait à aller à l’ermitage de la Bienheureuse Marie de Bermont, près de Domremy ; je l’ai vue souvent s’y rendre. Elle y était que ses parents la croyaient à la charrue ou aux champs. »

C’est encore une de ses marraines qui affirme le même fait : « Souvent elle se rendait à l’église de Notre-Dame de Bermont avec d’autres jeunes filles pour y prier sainte Marie ; j’y suis bien des fois allée avec elle (Déposition de Jeannette, veuve Thiesselin).

Je l’ai toujours vue simple, bonne, chaste, pieuse et craignant Dieu, aimant l’église où elle allait souvent ; quelquefois aussi elle se rendait à l’église de la bienheureuse Marie de Bermont. »

On nous pardonnera de reproduire, malgré leur similitude forcée, ces dépositions des témoins : Bermont emprunte tout son intérêt à Jeanne d’Arc et chaque parole qui rapproche Jeanne d’Arc de Bermont est précieuse pour nous.

Voici encore la déposition de Michel Lebuin : « Bien des fois, dans ma jeunesse, je suis allé avec elle en pèlerinage à l’ermitage de la bienheureuse Marie de Bermont. Elle s’y rendait presque chaque samedi avec une de ses sœurs et y portait des cierges. » Celle de Colin, laboureur à Greux, est identique : « Presque tous les samedis, l’après-midi, elle allait, avec sa sœur et d’autres femmes, offrir des cierges à l’ermitage ou église de la bienheureuse Marie de Bermont. »

« Elle portait des cierges à Notre-Dame de Bermont où elle allait en pèlerinage » (Simonin Musnier).

« Je la voyais aller à l’église du village et aussi à l’ermitage de la bienheureuse Marie de Bermont » (Jean Jacquart).

« Souvent elle allait avec sa sœur et d’autres personnes à l’église ou ermitage de Bermont » (Perrin).

« Chaque semaine elle se rendait à l’ermitage de la bienheureuse Marie de Bermont » (Bertrand de Poulangey).

Tous ces textes sont pris dans l’ouvrage de E. O’Reilly, Les procès de Jeanne d’Arc, Paris, Plon. Ces déclarations des contemporains de notre sainte sont confirmées par une vieille chronique, sans date ni nom d’auteur, s’exprimant ainsi : « De la reconnaissance de la Mère de Dieu avec les grands élus (p. 365-368) : Si l’on ne rencontrait pas Jeanne d’Arc dans la maison de son père ou à la suite de ses moutons, on était sûr de la trouver dans la chapelle de Beaumont, sur la route de Vaucouleurs, priant la Sainte Vierge pour la délivrance de son pays prêt à tomber sous le joug des Anglais. »

Voilà donc un point d’histoire fixé par les témoignages des contemporains : Jeanne aimait à se rendre à Bermont, de préférence le samedi, jour consacré à la Vierge.

Jeanne a-t-elle eu des visions à Bermont ? II est difficile de répondre d’une façon certaine à cette question. Autant Jeanne a été inébranlablement catégorique sur l’existence des apparitions et sur leur fréquence, autant elle a été discrète sur les révélations qui lui étaient faites et sur les lieux où elles se produisaient.

« Voulez-vous, dit Pierre Cauchon dans le premier interrogatoire (21 février), voulez-vous jurer de dire la vérité en toutes choses que vous saurez et qui vous seront demandées en matière de foi ? »

Jeanne. – « Pour ce qui est de mon père, de ma mère et de ce que j’ai fait depuis que j’ai pris le chemin de France, je jurerais volontiers ; mais s’il s’agit des révélations que j’ai eues de Dieu, je n’en ai jamais rien dit ni confié à personne, si ce n’est à Charles, mon Roi. Jamais même je ne révélerai rien, dût-on me couper la tête, parce que mes visions, qui sont mon conseil secret, m’ont fait défense de les révéler. »

Les seuls détails que lui arrache l’obstination infatigable des interrogateurs ont trait à des détails matériels de ces apparitions. Deux fois seulement, Jeanne cite l’endroit qui en fut le théâtre. La première fois que le prodige survint, ce fut dans le jardin de son père, la veille de l’Ascension, en 1424, à midi : Elle vit resplendir du côté de l’église une éblouissante clarté. Surprise, effrayée, elle entendit sortir du cercle brillant une voix et la voix lui disait : « Jeanne, sois bonne et pieuse ; va souvent à l’église. » (Interrogatoire du 22 février.) Puis les apparitions se multiplient, se précisent… Jeanne sait que ses apparitions, ce sont saint Michel, sainte Catherine et sente Marguerite… Et comme on lui demandait si elle en avait eu sous l’arbre des fées, elle se souvient d’avoir conversé avec ses saintes, non pas là, mais près de la fontaine qui en est proche (la fontaine des fiévreux).

Les interrogatoires n’ont fait que préciser ces deux points ; mais si les juges avaient de bonnes raisons de poser à Jeanne d’Arc des questions relatives à l’arbre des fées, ils en avaient d’excellentes de ne pas l’interroger sur Bermont, d’où rien de mauvais ne pouvait sortir pour leur victime. Toutefois, il semble bien que Bermont ait été un des théâtres de ces manifestations célestes. Les apparitions, en effet, se renouvelaient souvent, très souvent, et en différents endroits (interrogatoire du 22 février) ; elles se manifestaient en plusieurs endroits de la campagne. Jeanne dit même que, si elle était dans un bois, elle entendait ses voix. Or le sanctuaire de Bermont est environné de bois et l’invincible attrait qu’il exerçait sur Jeanne, les cierges qu’elle aimait à y brûler à la Vierge comme à sainte Catherine, sont des motifs puissants de croire que la chapelle de Bermont fut un des endroits privilégiés d’où sortit la mission surnaturelle de l’héroïne. Avec le P. Ayrolles, on est donc autorisé à conclure : « C’est dans les champs, dans l’église, au sanctuaire de Bermont, partout où l’appelaient ses devoirs d’état, où la conduisait sa piété, que l’innocente vierge a dû être visitée par ses célestes institutrices » (La vraie Jeanne d’Arc, 1. La paysanne et l’inspirée, p. 139).

Faut-il ajouter une raison dont la valeur ne semble pas négligeable ? Bermont était, au temps de Jeanne d’Arc, le seul sanctuaire dédié à la Vierge situé en territoire français. On comprend mieux que Jeanne, fille de parents français et priant pour la France, fait affectionné au point de s’y rendre chaque samedi. Mais on comprend aussi que saint Michel, protecteur de la France, ait choisi ce pieux sanctuaire, poste avancé de la patrie française, pour s’y manifester à la jeune prédestinée.

http://bermont.free.fr

Les dernières images

Saint Suaire

Equipe NDF

Connexion utilisateur

Utilisateurs en ligne

Il y a actuellement 1 utilisateur et 21 invités en ligne.