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En 47 de notre ère, ou en 70, Vila (ou Villa), femme originaire de Ravessium, atteinte d’une forte fièvre, se fit porter sur le mont Anis. Elle se fit allonger sur la table d’un dolmen jouissant d’une réputation miraculeuse, dite « pierre des fièvres ». Elle s’endormit. La Vierge lui apparut en songe et lui demanda de visiter Georges, évêque du lieu, pour qu’il construise une église. Un signe serait donné à l’évêque : la guérison de Vila. Au réveil, celle-ci se sentit guérie et alla trouver l’évêque qui lui fit bon accueil. Le prélat se rendit sur le mont Anis (un 11 juillet), accompagné de son clergé. L’endroit précis où la Vierge était apparue était couvert de neige ; un cerf traça avec ses bois le contour du futur édifice. L’évêque fit mettre une palissade en bois à cet endroit.
En 221, la Vierge accompagnée d’anges apparaît en songe à Aurélie, habitante de Ceyssac, paralysée, et lui dit de se rendre sur le mont Anis pour recouvrer la santé. Parvenue à la palissade de Georges, la femme fut guérie, et la Vierge se montra à elle pour lui demander d’édifier une véritable église. Vosy, évêque du diocèse, gravit le mont puis alla à Rome ou` il rencontra le pape Calixte Ier (v. 155- 222). Le souverain pontife lui donna son accord pour la construction de l’église.
Ces deux récits relèvent de la légende d’un sanctuaire de la Vierge qui n’est attesté qu’à partir du XIème siècle, bien que le diocèse soit antérieur.
La « pierre des fièvres », mentionnée dans les deux récits légendaires, a été conservée dans la cathédrale jusque vers l’an mil ; puis elle a été installée en haut du grand escalier de 134 marches.
Il est possible que le culte chrétien ait été précédé d’un culte païen.
Le culte de la Vierge n’est bien attesté au Puy qu’à partir du XIe siècle où saint Léon IX (1002- 1054) le proclama le « plus illustre qui soit en France ».
L’origine de la statue en bois de cèdre de la Vierge noire est incertaine. Le 8 juin 1794, la Vierge noire reliquaire est brûlée en place publique. Une réplique est réalisée en 1844. Le 8 juin 1856, une autre Vierge noire provenant de l’église Saint- Maurice est couronnée à la cathédrale.
En 1860, La statue de Notre- Dame de France (112 tonnes, 22,70 mètres de haut) est érigée sur le rocher Corneille. Elle a été réalisée avec 213 canons pris aux Russes de Sébastopol le 8 septembre 1855.
Chaque 15 août, Procession solennelle de la Vierge Noire à travers les rues de la ville.
Le jubilé du Puy-en-Velay : Le pape Jean XV institua pour la ville un jubilé chaque fois que le jour de l'Annonciation coïnciderait avec le Vendredi Saint. C'est le plus ancien jubilé après ceux de Rome et de Jérusalem. Le premier jubilé connu de Notre Dame du Puy eut lieu en 1065. Ces jubilés connurent un tel succès qu'en 1407 deux cents pèlerins périrent étouffés dans la presse. Rois et papes les fréquentèrent. Le dernier a été célébré en 2005 et le prochain le sera en 2016.
Histoire du Sanctuaire
Scutaire (évêque v. 415-430) et Evodius bâtirent le premier sanctuaire vers 430.
L’actuelle cathédrale est insolite du fait de la diversité de ses styles, en particulier le style roman et le style oriental.
Un large et long escalier de 134 marches permet d'accéder à la façade occidentale faite de pierres polychromes, de parements mosaïqués, d'arcades en plein cintre et de petits frontons. De très belles statues et mosaïques décorent le portail, tandis que l'intérieur abrite de superbes fresques dorées.
En plan, cette église offre la forme de la croix latine, comme les églises romanes.
Le Puy rassemblait les fidèles en partance et de retour de saint Jacques de Compostelle. Les pèlerins transformés par les œuvres qu’ils avaient pu découvrir dans les Espagnes alors occupées par les Arabes, eurent eux aussi un rôle dans la diffusion de l’art oriental au Puy. Par exemple, il y une ressemblance frappante qui existe entre la mosquée de Cordoue et le cloître du Puy, l'assemblage de matériaux rouges et blancs de là-bas (brique et pierre) se transforme, sur la terre volcanique du Velay, en polychromie noire et blanche (lave et pierre.) Cette influence de l'art arabe est intimement liée à l'histoire de la ville.
La basilique peut être datée du XIe siècle pour l’abside, le carré du transept et les deux travées. Le chœur repose directement sur le rocher, mais pour agrandir la cathédrale afin d’accueillir les pèlerins toujours plus nombreux, quatre travées supplémentaires ont été audacieusement construites sur le vide pour rattraper un dénivelé de 17 m d’important piliers soutiennent les hautes arcades.
Toutefois, l'abside et la coupole centrale ont été très remaniées entre 1850 et 1865.
[1] René LAURENTIN et Patrick SBALCHIERO article « Le Puy », dans : René LAURENTIN et Patrick SBALCHIERO, Dictionnaire encyclopédique des apparitions de la Vierge. Inventaire des origines à nos jours. Méthodologie, prosopopée, approche interdisciplinaire, Fayard, Paris 2007.
